NAMIBIE à Mamuno le 7 mars 2010
Nous ne payons pas de visa (?), l'assurance automobile n'est pas obligatoire, mais un permis de rouler de 180 dollars namibiens l'est = 18 euros de chez nous.
Tension des employés évaluée à 2. Rien à voir avec la rigueur allemande dont nous avions entendu parler.
Historiquement, ce sont les Hollandais qui au 17ème siècle, supplantent les portugais et s'installent au Cap en Afrique du sud ; suivront durant le 18ème les allemands ; ce n'est que vers la fin du 18ème siècle que les anglais prennent la tête de la Compagnie des Indes orientales (de peur que ce ne soit la France qui le fasse...!) et ainsi envahissent le territoire sud-africain. Inévitablement, les colons néerlandais furent contraints de migrer vers l'intérieur des terres. Alors on roule toujours à gauche, la première langue officielle est restée l'anglais mais les produits allemands sont dans tous les magasins (nous retrouvons la charcuterie entre autres...) et l'afrikaans (langue dérivée du néerlendais ancien) est le deuxième langage dans les écoles et les guides touristiques.
Nous arrivons rapidement sur la capitale Windhoek (200 000 habitants) pour nous rendre compte que le pays est peu peuplé ( 2 millions de Namibiens soit moins de 3 habitants au km2!!), moderne et Chloé est ravie car elle fête demain ses 16 ans (déjà?...!) et elle va pouvoir arpenter les galeries commerciales ce qu'elle ne fait plus depuis longtemps (trop longtemps à son goût!). Nous pouvons également améliorer un peu la fête, ce qui nous semble un luxe bien mérité ces temps...
Nous faisons route sur l'ouest et pendant des centaines de kilomètres, nous n'avons pour paysage que de la savane peu arborée et des milliers d'hectares cloturés de droite et de gauche : de grandes exploitations appartenant à des Blancs (pour env.60%) et qui consiste surtout en élevage de bovins. Ils représentent 5% en population mais se partagent 9 millions d'hectares, ce qui représente un gros périmètre. Dans les annnées 90, le gouvernement fit adopter une réforme agraire pour inciter les Blancs à vendre aux Noirs, mais le risque est toujours latent d'un débordement comme actuellement la crise au Zimbabwe.

Il n'y a que dans de la région de l'Erongo que nous retrouvons des montagnes et du même coup un emplacement dans le "bushmen paradise" où nous poser en toute quiétude, au milieu de troupeaux de chèvres, non loin d'un village "bouchiman" (homme de la brousse) : c'est ainsi que sont dissociés les premiers autochtones de l'Afrique Australe, peuple chasseur-cueilleur.Ils ont un langage "à klik" très particulier ; ils pratiquent agriculture et élevage vivriers.




10 mars: Uis, nous rencontrons un couple de français (Alain et Hélène) qui vit ici une partie de l'année et nous invite dans leur maison. Ils nous indiquent les endroits à ne pas rater dans le Nord du pays. Et nous voilà, changeant nos plans du moment, pour aller visiter le parc national de Etosha, et nous ne regrettons pas : c'est notre premier safari et nous avons de la chance de tomber à cette saison car les pistes sont pratiquables, les points d'eau peu nombreux et nous avons donc plus de probabilité de voir des espèces différentes se réunir pour s'y désaltérer et enfin, les nouveaux-nés sont assez agiles pour suivre leur famille, c'est un plaisir de les observer déambuler tous ensembles... La première journée avait commencé dès 7 heures, une hyène qui traverse la route sans prévenir ! alors que 2 km plus loin un lionceau blessé se poste devant le véhicule...notre sagesse nous oblige à contre-coeur à laisser le petit sur le tarmac, au cas où la maman lionne serait derrière le buisson...Deux journées complètes à silloner les pistes, avec interdiction formelle de mettre un pied dehors, au cas où un animal capricieux soit tenté de nous prendre pour sa proie, à la recherche du moindre indice qui nous ferait suspecter le passage d'éléphant ou félin : traces de pas ou bouses éparpillées par les oiseaux qui viennent récupérer les graines contenues dans les excréments des herbivores...; mais nous n'attendons pas longtemps pour apercevoir girafes, antilopes (impalas, gazelles de Thompson, grands et petits koudous ou oryx ), autruches, zèbres, chacals, ... puis les gnous, phacochères, oiseaux communs de ce continent comme le "serpentaire"...etc...
Ce ne sera que le deuxième jour, que nous verrons les petits et nous passons plus de temps à les regarder évoluer dans ces espaces, bien à eux, en toute serénité, sans être gêné par notre présence.
Le parc est constitué d'un énorme "pan" (ancien lac asséché) sur toute la partie est et c'est là que nous verrons les fameux , tant recherchés ces jours : une famille de lions avec leurs lionceaux tranquillement installés et pas du tout contrariés de nous voir (mais c'était fin de journée ils devaient avoir le ventre plein...), les rhinocéros noirs et un éléphant (nous n'en avons vu qu'un sur les 2500 existants dans le parc)...mais pas le temps de chercher plus longtemps car nous devons quitter le parc avant le coucher de soleil (sous peine de sévère amende!) et ce fut moins une... Trois des "big Five" dans la dernière demi-heure, alors que nous n'y pensions plus , un pur bonheur !!



























15 mars :
Notre route logique nous amène tout à fait au Nord au bord de la frontière
angolaise, une région de marécages où le bétail se baigne avec les gamins, entre 2 champs cultivés, les "shebeens"( nom donné aux anciens bars des townships du temps de l'apartheid...) au bord de la route entre 2 cases de tôle . Ici le peuple s'appelle l' Ovambo réparti de part et d'autre de la rivière Kunene.
Opuwo, village touristique par excellence où s'exhibent les "himbas" : ces femmes qui vivent torse nu, leur peau enduite de graisse de chèvre et terre rouge et en jupe de cuir, des bijoux de toute sorte un peu partout sur le corps... (les hommes en jupe courte portent un chapeau qui ressemble à une toque de cuisinier, sans oulier le couteau à la ceinture) ; se mêlent avec eux les "héréro" , anciens nomades éleveurs expropriés de leurs pâturages par les colons allemands, puis interdits d'avoir leur propre bétail et finissent par devenir la main d'oeuvre de ces derniers. Elles arborent aujourd'hui encore les longues robes de style victorien multicolores (que les pasteurs leur ont imposé dans les années 1900) avec une coiffe en forme de cornet assez volumineux....
A partir de là, nous empruntons une piste de 200 km assez cahotique par moments, sur une altitude moyenne de 1000 à 1500 m, où apparait parfois un troupeau de gazelles, des girafes, des autruches et nous guettons le léopard qui devrait sortir des petits fourrés...Des couleurs de montagnes, qui varient en fonction de la clarté du soleil et aux formes géologiques très intéressantes...

















C'est alors que nous traversons un désert inhospitalier avant de parvenir à la côte Atlantique : Cape cross : un sanctuaire de lions de mer où sont regroupés des centaines de mères avec leur petit, dans un brouhaha assourdissant et une odeur ...! Mais il n'y a pas d'habitation autour, cette côte-là est déserte, juste une mine de sel tout proche ; nous croisons des défilés de 4x4 avec des aménagements et du matériel pour la pêche très sophistiqués...



Nous nous rendons à Walvis Bay pour prendre des renseignements pour les bateaux pour organiser notre remontée sur la France. Effectivement, ce port de pêche prospère, dont les espagnols possèdent la plupart des bateaux, est également un port commercial actif, constituant le seul débouché maritime pour des exportations de minerais du pays, notamment l’uranium, le tungstène, le diamant et l' or. Des entreprises de salaison et conserveries se sont également développées dans la ville, mais nous ne pouvons trouver de poissons frais, ni dans les commerces, ni les restaurants.
Après prospection chez les transitaires, nous ne choisirons pas ce port car le prix est carrément inquiétant : 9500 € pour notre camion (soit 200$US le m3)entre ici et le Portugal, nous n'aurons pas le temps de nous demander s'il y a une erreur car......................................................................................................................au décours d'un petit détour pour faire les fous dans les dunes, voilà que le camion se prend pour un 4x4... et ... s'ensable ! Un serviable sud-africain qui avait peut-être envie d'utiliser son matériel tout neuf de remorquage
nous offre généreusement de l'aide...malheureusement, l'embrayage ne résistera pas, un peu fatigué des 130 000 km! Voyons un peu le bon côté des choses : Walvis Bay est une agglomération, nous réussirons à parvenir jusqu'à un garage sans remorquage, c'est déjà ça ! Egalement, nous ferons la rencontre de français annéciens avec leur fille Tiffany roulards depuis plusieurs années (si, si, contrairement aux idées reçues, les savoyards voyagent beaucoup) et resteront quelques jours à nous soutenir moralement, nous sommes tout de même au bord de l'Océan Atlantique avec les flamants roses...Mais lorsque une semaine plus tard, nous sommes toujours au stade de trouver une pièce de rechange, (à la capitale, puis en Afrique du Sud qui semblerait être le pays le plus civilisé du continent...?...) le cc sur cale alors que nous campons à l'autre bout de la ville pour 20 euros par nuit sans confort, en plein vent , avec en bruit de fond les engins du port qui travaillent toute la nuit...nous commençons un peu à désespérer...
Ah oui, j'ai oublié de vous conter comment après un essai de remontage d'une cloche d'embrayage prise sur un autre camion trouvé in-extremis, le maître-cylindre se trouve également endommagé!
Il va falloir trouver la solution seuls : avec nos expériences vécues concernant les problèmes de douane lorsque nous devons nous procurer une pièce mécanique ou électronique d'un autre pays, notre réticence à se la faire envoyer de France est légitime.
Après mûres réflexions et calculs draconiens, la conclusion s'impose d'elle-même : Eric va donc faire un aller-retour en avion pour ramener les bonnes pièces de Paris.
Nous savons tous que la notion de temps n'existe pas en Afrique mais cela n'est pas vrai dans les 2 sens et les autorités ne l'entendent pas de cette oreille : nos visas se terminent dans une semaine et voici ce qui se passe lorsque vous dépassez d'une seule journée la date de validité d'un visa : plus de 700 € d'amende par visa ; et aucune indulgence même si c'est un problème médical alors mécanique...encore moins.
Deux alternatives :
- soit repasser la frontière (nous sommes quand même à + de 800 km, et il faut attendre 7 jours pour revenir (c'est ainsi...)
- soit trouver le bureau d'immigration du pays et se le faire prolonger à la bonne grâce du "customer". Or, ce jour-là, il ne devait pas être en bonne disposition, à moins que ce ne soit son état naturel, car à l'entrée dans le bureau, après son long soupir, nous comprenons de suite que ce ne va pas être si facile. C'est un peu comme chez nous quand tu te présentes dans une administration juste à l'heure de fermeture du bureau et que le fonctionnaire te réponds "non" avant que tu aies posé la question... sauf qu'en plus ici c'est l'Afrique , le personnel est noir, tu es blanc et les problèmes d'apartheid sont loins d'être réglés dans la pratique, alors il y a un peu de vengeance dans l'air et nous en faisons souvent les frais. Quand en plus, le monsieur nous annonce que cela coûte 45€ par personne sans lever la paupière pour nous parler, qu' Eric lui demande le papier qui prouve cela... (6 mois d'Afrique et les tarifs "à la tête du client", nous connaissons bien...), son ton devient alors plutôt condescendant...Notre anglais est plutôt sommaire mais il y a des mots anglicisés très internationaux comme "racket" "racisme" qui favorisent la rapidité de compréhension, mais n'incitent pas du tout à la compassion. Cette fois, c'est fichu, nous quittons le bureau dans l'idée de faire autrement ; nous avons encore quelques jours pour réfléchir.
Pendant l'absence d'Eric, nous devons régler le problème de visa : alors, avec les filles cette fois, nous partons réitérer notre demande de prolongation, prêtes à payer (parfois, nouvel agent, nouveau tarif, on a le droit d'y croire!) sinon nous devons effectuer un aller-retour au bureau d'immigration sur Windhoek qui est tout de même à 400 km ..., Evidemment le Môsieur exige une lettre de Ford, le douanier étant le même c... mais il ne m'a pas reconnu (ouf!) puisque l'autre jour, il n'a même pas soulevé la paupière pour denier nous regarder en face... Qu'à cela ne tienne, nous sommes déterminées. Il est bien forcé d'accepter cette fois, moyennant 47€ par personne (je me disais aussi....), que je ne conteste pas devant lui au cas où il changerait d'avis ; néanmoins, je ne partirais pas de là sans avoir signifié au guichet (lors du paiement : en espèces SVP!), avec un grand sourire crispé aux lèvres et en choisissant bien mes mots car tout est en anglais, je veux qu'il me comprenne bien, que ce n'est pas un visa de tourisme dont j'ai besoin, mais seulement de transit car avec "autant de compassion, mon problème de véhicule, le prix de leur hébergement et ce qu'il me rackette aujourd'hui, je me sauve vite sans visiter leur " pays de m..." ( je ne connais que "sheet" en anglais)...Cela ne sert à rien, je sais , mais ça défoule et il faut que ce soit dit!!!
Après ce passage, les filles et moi passons le temps paisiblement entre travail scolaire, ballade journalière au bord de l'océan, jeux et lecture, séance de vidéo le soir.
Nous voyons aussi défiler foule de vacanciers , afrikaners essentiellement, la plupart en tente de toit. Effectivement, les"sudaf"(les habitants d'Afrique du sud ), car ce sont surtout eux les "pros" du camping, ont un système de location assez prisé : la tente est sur le toit du 4x4 : je pensais que c'était pour éviter les animaux dangereux dans la savane, mais ils dorment tous dans des campings aux tarifs d'européens avec des prestations d'africains...??), le coffre rempli de bières, bois et viande pour faire un "braii" (barbecue sudaf). Ceux-ci nous ont fait passer quelques soirées animées...ça promet pour le prochain pays.
Epilogue : Eric reprend l'avion de Paris à 10h le lundi de Pâques,arrive à Windhoek à 14h le lendemain (escale à Johannesburg en Afrique du Sud). Depuis là, nous perdons sa trace puisqu'il n'est toujours pas arrivé à 23 h alors qu'il est à 400 km de nous. Mais c'est qu'il peut s'en passer des choses en 400 km ! Et quand, le lendemain matin après une nuit blanche, toujours pas de nouvelles, nous commençons sérieusement à envisager les pires scénarios....alors qu'en fait, son sac de voyage a été égaré lors de l'escale, il a attendu 3 avions (donc toute la nuit) avant de le récupérer enfin le lendemain, ouvert mais non volé (les pièces auto étaient dedans), sauf une tablette de chocolat (si c'est le prix de la surtaxe, nous sommes bon joueur).

















Le 12 avril Et c'est reparti, les français Géraldine, Philippe et Tiffany nous ont rejoints et nous ferons ensembles la traversée du Namib Désert, dont l'étendue réelle est de 1900 km le long des côtes de Namibie ; la qualité des pistes n'est pas toujours agréable mais le paysage fantastique, alliant ergs et regs, dunes pétrifiées et montagnes pelées, un "fish river canyon" à sec ; notre route croise quelques rares animaux sauvages, ce qui nous laisse croire que les "afrikaners" n'ont pas tout exterminé...
Nous profitons pour échanger expériences et anecdotes respectives et retrouvons le plaisir du camping sauvage ("bivouac" en langage baroudeur) ; enfin, pas tant que cela car les accès sont difficiles ; comme un peu partout dans le pays , nous retrouvons les clôtures sur des centaines d'hectares, les accès réservés ou sur permis, des campings et des "lodges" onéreux pour des roulards comme nous. Alors la mission journalière est de trouver l'emplacement idéal : d'abord à l'abri du vent, et d' un gros arbre pour se protéger du soleil, qui nous fournira du même coup du petit bois pour le feu de camp ; puis, un terrain pas trop sablonneux si possible car une mauvaise aventure nous a valu un enfouissement dans un lit de rivière qui a nécessité un treuillage sans casse : Philippe a pu tester son camion (il a l'expérience du désert de Libye), Eric a retrouvé les joies du 4x4 et cela nous a occupé en bavardage le reste de la journée jusqu'au soir...et plus encore... Ceci ajouté à la chasse aux scorpions quotidienne et l'observation des animaux qui tournent autour des véhicules (chacals, insectes inquiétants...), méditation sous les étoiles...nous passons du bon temps et les filles s'entendent à merveille aussi...tant pour travailler que pour s'amuser.
Mais comme toute bonne chose a une fin, il est temps de nous séparer, nos chemins se dispersent car nous descendons sur Cape Town en Afrique du Sud, les 3 baroudeurs (www.les3baroudeurs.com) sur l'ouest.


















