KENYA le 16 janvier 2010
35 millions d'habitants sur une surface aussi grande que la France,
Une piste difficile nous attend, nous n'avons rien trouvé pour remplir le frigidaire, et pas d'eau pour remplir les réservoirs et avoir une avance... Nous voulions partir à l'aube car nous avons une longue étape ce jour, mais les douanes n'ouvrent pas avant 9h le samedi (c'est le lendemain du jour de prière) ; heureusement les formalités sont simples et rapides, le changement est flagrant, tout est bien cadré, chacun connaît bien son travail. Le langage parlé est le swahili (Jumbo veut dire "bonjour" cela sonne bien !) mais l'anglais est leur 2ème langue, ce sera plus facile pour nous. Alors c'est parti et attention on roule à gauche au Kenya.


Le relief du Kenya est composé d’un large plateau semi-aride, qui couvre une grande partie du nord et de l’est du pays.A raison de 20 (voire 15 parfois) kilomètres par heure, sur une piste cassante de cailloux et terre rouge, nous pouvons apercevoir quelques villages, rares et bien moins peuplés qu'en Ethiopie : nous voyons pour la première fois les Samburus , bien étrange mais néanmoins magnifique tenue vestimentaire : une coiffure de tresses serrées décolorées ornée soit de plumes, soit de perles, des oreilles trouées au lobe et des piercing de petites perles de toutes les couleurs, et pour les femmes de larges colliers des mêmes perles qui leur couvrent les épaules ; un pagne très coloré qui leur sert de robe, et des sandales en caoutchouc faite dans du pneu, ils sont toujours accompagnés de leur bâton de pasteur ou lance et quand ils sortent des buissons, on croirait toujours qu'ils reviennent de la chasse au lion!!)... Originairement, les samburus tout comme les Massaïs,sont pour la plupart nomades tout au long de l'année, ils vivent dans des kraals, petits groupes de huttes faites de bouse de vache, construites par les femmes. Ils demeurent un peuple pastoral et nous avons du mal à croire que nous pourrons voir beaucoup d'animaux, vu la grosseur de leurs troupeaux (on voit encore des chameaux en plus des chèvres et vaches...) ainsi que leurs lieux de pâturages, puisque les troupeaux s'étendent même à l'intérieur de la réserve de Marsabit ; néanmoins, nous pourrons observer quelques animaux sauvages ( petites biches appelées Dik-Dik, antilopes, zèbres et singes lorsqu'il y a un point d'eau ) ; l' état de la route devient de plus en plus lamentable, tantôt à gauche, tantôt à droite selon l'état des ornières et pas toujours facile de prendre la bonne décision, car elle peut être fatale pour le véhicule ! Aïe Aïe Aïe, le bruit des impacts de pierre qui roulent et s'éclatent sous le chassis ! Nous essayons de faire des étapes de 100 km par journée mais il est difficile de s'y tenir !! Nous méritons bien une halte au "Henry's camp", un camping digne de ce nom, géré par un suisse qui connaît bien les besoins des roulards...et nous sommes en compagnie des suisses du Caire qui voyagent à 2 vombis et avec qui nous finiront l'épopée sauvage ... La température moyenne tourne autour de 35° (à l'ombre) et le vent est plus chaud encore. Les forêts d'acacias s'estompent pour laisser place à de la pampa...Nous ne sommes pas mécontents lorsqu'à quelques kilomètres d'Isiolo, nous retrouvons le bitume : ce sont toujours et encore les chinois qui travaillent pour cette portion de piste infernale que nous venons de traverser, et bonne nouvelle : dans 3 ans elle sera asphaltée. A Isiolo, le village est riche de fruits et légumes, ce qui ne nous était pas arrivé depuis fort longtemps. Plus à l'ouest, nous entrons dans la Rift Valley, qui est une grande faille qui a fendu l'Afrique de l'est du Nord au sud, il y a 30 millions d'années

















Nous passons la ligne (imaginaire) d'Equateur, et nous voici dans l'hémisphère Sud. Nous contournons le Mont Kenya (5200 m d'altitude) par l'Est , celui qui offre des randonnées aux plus courageux. A partir de cette région, la route de Meru à Embu est jalonnée d' élevages de bétail (moutons, bœufs, chèvres), ce qui reste est une activité importante même si la majorité des Kenyans vit de l'agriculture. Le pays est autosuffisant en denrées alimentaires de base (céréales, légumes, canne à sucre, ananas, arachides, etc.), mais la principale culture commerciale est le thé, nous en avons vu pleins les côteaux..











Le 23 janvier, il est temps de se lancer à l'assaut de la capitale, Nairobi (2,5 millions d'habitants) ; il paraît qu'elle est la capitale la plus dangereuse d' Afrique à en croire les statistiques, les magazines et les résidences hyper gardées aux barbelés parfois électrifiés, barreaux aux fenêtres, jusqu'aux derniers étages d'immeubles...! Il faut dire, que vu le nombre de galeries commerciales toutes pleines de marchandises bien de chez nous et le nombre incroyable de blancs qui y font leurs emplettes, il doit y avoir quelques inégalités sociales là-dessous... Les filles ont un air ravi à la vue du fromage, pain, chocolat... Maman est moins ravi pour son porte-monnaie car les prix sont ceux de chez nous. Nous avons l'adresse d'un camping pour baroudeurs mais encore va-t-il falloir le trouver...en essayant d'éviter les bidonvilles. Et là, j'avoue que l'utilité du GPS n'est pas contestable car autant il y a des panneaux publicitaires 3 m x 4 à chaque carrefour, autant les panneaux indicateurs sont inexistants. De plus, la conduite à gauche, là complique les manoeuvres, et ce sont les ronds points qui sont le plus diffiles à gérer...Le "Jungle Junction's" est exactement ce qu'il nous faut pour pouvoir rester dans une grande ville en toute tranquilité, reprendre notre souffle et profiter de cuisiner comme à la maison, règler les problèmes mécaniques (heureusement, nous n'en avons pas eu cette fois), rencontrer des voyageurs qui reviennent de l'Afrique australe et prendre de bonnes adresses. Nous pouvons ensuite consacrer du temps pour choisir un itinéraire et visiter sans se ruiner les parcs animaliers ; en effet, le Kenya est réputé pour sa faune, riche en animaux sauvages : antilopes, éléphants, rhinocéros, zèbres, girafes, lions et autres grands félins, divers oiseaux, etc. Afin de protéger ces espèces, de nombreux parcs nationaux et réserves ont été créés attirant chaque année de nombreux touristes ; les prix sont plus qu'affolant et il s'agit de bien sélectionner car tous ne valent pas la peine. Pour nous c'est un peu différent, car nous avons rencontré nombre de voyageurs qui reviennent du Sud et nous ont conseillé d'attendre les parcs d'Afrique du Sud qui sont bien fournis, bien moins chers et pour lesquels nous pouvons acheter une carte familiale valable pour plusieurs sites...





Nous pensions pouvoir apercevoir des animaux en traversant le parc national Tsavo mais cela ressemble plus à un autoroute la nationale qui le traverse !! Bien sûr : c'est la route qui mène ou revient de Mombasa, 2ème ville du pays mais surtout port industriel de grande envergure, alors les semi-remorques se font la course autant dans un sens que dans l'autre ; la seule distraction est de voir sur les bas-côtés des groupes de Massaïs aux abords des "faux villages à 50 dollars l'entrée" ; ils attendent le touriste pour se faire prendre en photo (payant évidemment!!). Les safaris de brousse ce n'est vraiment pas pour nous !!


Le Kenya possède plus de 400 km de côtes bordées d'îles, et il nous semble une bonne idée unanime de prendre un peu de bon temps du côté de l'Océan Indien (ce sera une première pour les filles). Un ferry nous emmène de l'autre côté de l'embouchure et en route pour Tiwi : une plage de sable blanc bordée de palmiers, une eau tiède et transparente et une vue de carte postale, c'est exactement ce qu'il nous fallait en ce moment! Nous pouvons être autonome une semaine, en plus, régulièrement,on vient nous vendre mangues, ananas, cocos, bananes ainsi que poissons, crevettes, poulpes et langoustes frais (Eric devient maître en art de marchandage!). Chloé nous fabrique le pain au feu de bois. Le matin c'est cours, souvent interrompus par les jeux avec les singes (babouins et colobe), et l'après-midi baignade. Nous en profitons pour faire lavage et rangement aussi. Nous resterons quelques jours car ils sont peu nombreux les "campsites" où il y a l'eau, et où on ne nous demande pas 5$ par personne pour parquer sur un emplacement sans commodités. Après seulement, nous pourrons envisager de passer en Tanzanie,















