MALAWI le 8 février 2010
Déclaré protectorat britannique à la fin du 19ème, il accède à l'indépendance en 1964, membre du Commonwealth, nous continuerons donc à parler anglais.
Pays charnière entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Le Malawi couvre une superficie de 118 484 km² . S’étirant sur environ 825 km du nord au sud pour une largeur de 120 km, c’est un tout petit pays montagneux que traverse du nord au sud la Rift Valley, fossé tectonique qui a donné naissance au lac Malawi (500 km de long sur 48 km de large), le troisième plus grand lac africain qui s’étend sur une grande partie du pays. Pour ce pays sans accès à la mer, le lac est une importante source d'activités économiques, de transport et de commerce avec les pays voisins, notamment la Tanzanie et le Mozambique, mais désormais aussi du tourisme. La plus grande partie du lac est navigable, il y a 200 espèces de poissons et la pêche est très pratiquée le long de ses berges, à la pirogue s'il-vous-plaît, pour se nourrir d'abord (les alevins sèchent sur des claies par milliers) mais aussi pour le commerce, ce qui va conduire inévitablement à la raréfaction. L'agriculture est la principale activité économique mais ce secteur est soumis aux aléas climatiques (en 2001 de grosses inondations, sècheresse en 2002 qui s'ensuivit d'une période de famine). Ce que nous voyons le plus =le maïs : en plus d'en voir plein les marchés en train de griller, nous le retrouvons à tous les repas , le "nsima" (en chichewa) qui est une espèce de polenta de maïs blanc dont les grains sont moulus au mortier et pilon évidemment, et le rafle (partie centrale) qui reste leur sert de combustible ...,il nous est arrivé d'attendre 2 heures l'eau chaude dans un soit-disant camping car la chaudière fonctionnait au rafle de maïs brûlé!!
Par ailleurs, ils cultivent aussi le riz, le tabac, le coton, la canne à sucre ; et la flore est encore bien diversifiée, même si le territoire est bien défriché pour faire place aux cultures :
- plantations d'hévéa pour le latex, les enfants fabriquent des balles avec et essayent de nous les vendre tout le long de la route ;
- fromagers : arbre coton ou kapokier dont ils font les pirogues et avec l'huile du savon ;
- palissandres (bois de rose ou jacaranda) aux fleurs violettes dont ils font de magnifiques objets sculptés et meubles , mais à cette saison nous ne les verront pas fleuris,
- quelques magnifiques baobabs sur les hauts plateaux
- et le traditionnel acacia dont raffolent les girafes .
Le Malawi est l’un des pays les plus densément peuplés d’Afrique (13 millions d'habitants), et des plus pauvres ; en ville, le salaire moyen de base est de 20 dollars par mois (c'est le prix demandé pour notre bivouac presque chaque jour)alors nous avons un peu de mal à considérer que les répartitions soient bien justes!!La plus grande partie des habitants vivent en milieu rural, sans électricité, ni eau mais il y a des fontaines dans les centres de village, et c'est là que nous trouvons la plus "potable" ; en même temps, c'est l'occasion de faire l'attraction du moment et des rencontres toujours amusantes. Leurs maisons sont le plus souvent en briques de terre cuite avec un toit de chaume, remarquablement sobre, les alentours bien proprets. Nous voyons beaucoup de femmes très jeunes qui portent un petit enfant dans le dos, et c'est bien le leur ; il faut dire que l'espérance de vie est très faible (4o ans) et la mortalité infantile élevée (à cause des maladies dont le Sida notamment....
Nous prenons la route qui longe le lac et c'est l'occasion de nous dégoter quelques "campsites" (le terme convient mieux que camping) au bord de l'eau. Cela va du très rudimentaire - lessive et douche à l'eau du lac (eux c'est directement dans le lac! mais pour le client, est aménagée un seau avec un pommeau, suspendu au bout d'une corde et une palissade de bambou en guise de paravent, toilettes sèches (habitées par des insectes de tus genres...?!)et éclairage à la lampe à pétrole- au
sophistiqué : prise électrique pas toujours fonctionnelle et pas du tout aux normes, eau chaude par un ballon électrique (aux heures où il y a de l'électricité) car le solaire n'est pas encore arrivé, emplacement barbecue car ici on retrouve le porc et nous pouvons commander un poulet qui picore dans la cour, tué et plumé en moins de 2 heures (cuisiné même si nous désirons)! Parfois, sont proposées des activités nautiques (canoë, voile, tour en pirogue fait main...), équitation, ping-pong, billard...Et c'est normal, puisque cette dernière catégorie de camp est fréquentée exclusivement par les "overlanders" (c'est le nom qu'ils se donnent) : un concept de voyage que nous avions connu en Amérique du Sud mais qui est ici très très répandu (phénomène de mode??) ; le concept fait un peu colonie de vacances, les voyageurs sont transportés dans de gros camions 4x4 (pouvant contenir jusqu'à 30 personnes), le circuit est prévu au départ mais il se peut que certains quittent avant la fin, d'autres prennent en route...Les tentes et l'équipement de camping sont fournis, ainsi que , en plus du chauffeur, un accompagnateur et un cuisinier. Des équipes sont formées pour les corvées "peluche",vaisselle, ménage. Le prix est établi au départ, il existe quelques extras pour certains safaris, activités et restaurants sinon les repas sont préparés avec les moyens du bord et pris tous ensembles. Ils ont des campings de prédilection car il leur faut de la place et un minimum de confort (c'est la colonie mais pas "Kholanta" tout de même!) dont le bar avec ambiance si possible. En ce qui nous concerne, ce genre de groupe a 2 inconvénients :
1°) le tarif de journée est plus élevé qu'ailleurs dans le pays,
et 2°) la soirée, voire la nuit, n'est pas sûre d'être calme car ils ne viennent pas tous que pour les safaris et sur un groupe de 20 à 30, il y a de fortes probabilités de tomber sur quelques "fêtards" ou même un anniversaire à souhaiter...
Néanmoins, cela nous a permis de répondre aux questions que nous nous posions sur le but de ce type de voyage, et même si ce n'est pas notre style, nous saurons le conseiller à certains de notre entourage...Et cela nous a donné l'occasion de faire la connaissance d'un couple de français charentais (le seul français sur les dizaines de bus rencontrés), Rosemarie et Alain, jeunes retraités, amateurs de photos animalières et qui ont beaucoup voyagé en Afrique ; ils nous ont donné des renseignements utiles pour la suite de notre périple.
Etant donné le mauvais temps qui sévit (la saison des pluies dure jusqu'en avril!), nous partons pour Lilongwe, la capitale, voir si nous pouvons trouver du gas (depuis l'Ethiopie, nous n'avions pas pu faire remplir nos bouteilles) ; l'ambassade de France, toujours pour le problème de passeport d'Eric (car il y a du nouveau dernièrement nous apprenons que si nous voulons entrer en Afrique du Sud il nous faut 2 pages vierges et autant en Namibie), pour prendre le visa du Mozambique et voir si nous pouvons un peu remplir le réfrigérateur. Vu l'ampleur de la capitale qui ressemble à peine à une ville malgré ses 720 000 habitants, nous avons même du mal à trouver une connection correcte pour les cours des filles, les supérettes sont remplies d'articles venant d'Afrique du Sud et hors de prix (la boîte de conserves et le litre de lait à 2€, la tomate à 0,25€/pièce...) ; le consul français nous reçoit au sein de l'ambassade allemande mais ne peut rien pour nous puisque l'ambassade est officieuse pas officielle! Alors nous avons le choix Lusaka en Zambie, Harare en Zimbabwe ou Maputo en Mozambique. La décision n'est pas aisée mais nous ne voulons pas rater les chutes Victoria qui se trouvent à la frontière commune de la Zambie et du Zimbabwe et non au lac Victoria (Tanzanie) comme son nom l'indique! Nous optons donc pour....la Zambie et par conséquent bifurquons donc à l'ouest.
ZAMBIE le 17 février 2010 à Mchinji
Nous nous acquittons d'un visa de 50 $ chacun (sauf les enfants pour une fois) directement à la frontière ainsi que d'une taxe carbone (!?!) de 25 $.
Ancienne colonie britannique connue sous le nom de Rhodésie du Nord, la Zambie est indépendante depuis 1964. La langue officielle est l'anglais.
De suite, nous constatons que les maisons sont en dur, les villages un peu plus touchés par la publicité, et surtout, nous croisons des véhicules particuliers...
L’économie de la Zambie repose sur l’exploitation de ses gisements de cuivre, essentiellement dans la province du Shaba, dans le nord du pays ; même si l’agriculture emploie l’essentiel de la population active. Le maïs, toujours lui, constitue la première production agricole du pays, et la base de l'alimentation. Bien que de nombreux kilomètres carrés soient déboisés chaque année afin de créer des terres arables, 5 pour cent seulement du sol zambien est actuellement cultivé. Les agriculteurs sont dans l'incapacité de développer suffisamment leurs exploitations pour nourrir une population qui augmente rapidement.
La Zambie couvre une superficie de 752 614 km² . La majeure partie du pays est occupée par un haut plateau dont l’altitude varie entre 900 et 1 500 m, la capitale étant elle-même située à 1 300 m d’altitude LUSAKA le 18/02 : et nous le sentirons car les pluies ne cessent, faisant chuter les températures à 18°. Nous ne verrons de la ville que l'ambassade de France, le supermarché "SuperSpar", la poste, un cyber espace avec des connections très- très- très- lentes. Par chance, il y a un camping à 10 km de là où nous avons même pu marcher parmi les impalas (gazelles), girafes et zèbres (il paraît qu'il y a des buffles mais pas vus). Nous apercevons comme dans toute capitale les "bidonvilles", les pieds dans l'eau (on ne s'étonne qu'à moitié que courre encore le choléra!!).
>Cinq jours plus tard, et 34 euros, Eric a un nouveau passeport, vert celui-là, valable un an, et nous pouvons donc poursuivre jusqu'à la ville de Livingstone par une route que désormais nous qualifions depuis l'Ethiopie de "Chinese road" (les chinois aux commandes reconnaissables à leur chapeau de paille, une route paralysée pendant 2 ans pour finir avec 3 cm de bitume qui ne va pas tenir 1 an avec tous ces poids-lourds!...) pour aller rejoindre les chutes Victoria : C'est le médecin, missionnaire et explorateur écossais David Livingstone (1813-1873) qui les découvre en 1849 ; en étant sur place, nous imaginons le choc que ce dut être : elles sont situées à l'un des endroits les plus large du Zambèze et plongent dans un gouffre étroit de 108 m de profondeur, et 1 km 600 de large, produisant de puissantes gerbes d'eau ( le poncho ne suffit pas, le parapluie totalement inutile, le mieux est d'y aller en maillot de bain, et les chaussures d'eau sont obligatoires, car le sol est très glissant et les barrières de sécurité très insuffisantes ) ; c'est vraiment la meilleure saison pour le débit (10 millions de litres par seconde !!!si, si pas d'erreur de zéro!!) et nous pouvons les voir sous différents angles, elles s'étalent sur 1700m de long ; côté Zimbabwe, un pont de chemin de fer les traversent (digne de Gustave Eiffel), point de départ aussi de saut à l'élastique. Il est bien évident que le spectacle serait complet si nous les visionnions d'hélicoptère....Nous faisons route sur le Botswana en espérant que le temps devienne plus clément.