


EGYPTE
C'est toujours un mélange d'appréhension et d'impatience de connaître ce qui se cache derrière chaque frontière : la langue (ici on sait déjà que cela ne nous changera pas beaucoup bien que l'anglais soit assez souvent parlé tout de même) c'est l'arabe égyptien c'est-à-dire un arabe dialectal mais de toutes façons trop difficile à apprendre ; l'accoutrement des autochtones (ici c'est aussi jellabas et femmes voilées, je dirais même un peu plus voilées...), les enseignes de magasins (pour d'emblée repérer où acheter de l'eau, le pain, le gasoil) car les légumes nous les achetons sur les bas-côtés, l'état des routes et la conduite des automobilistes : nous avons appris par des témoignages qu'ici c'est pire que tout, il faut avoir les 2 mains sans cesse sur le klaxon c'est une assurance-vie, et la nuit, ils roulent feux éteints et font juste un appel quand ils vous croisent : ça c'est du vécu !
Passage de douane un 18 novembre à Aqaba
Nous avons réuni tous les papiers nécessaires :
- Taxe de sortie de Jordanie (ça on en parle jamais) = 5 J.D x 4 = 20 J.D (euros aussi) + 5 J.D. pour le véhicule ;
- carnet de passage en douane obtenu à Paris = 250 % de la valeur vénale du véhicule !!(si, si!), somme que l'Automobile Club de France est le seul à pouvoir délivrer pour un véhicule français et garde en caution pendant une année! C'est une garantie pour que nous ne laissions le véhicule dans le pays en le quittant...(lorsque nous restituons le formulaire adéquat, ils nous la rendent) ;
- visas pour un mois = 12 euros/ personne = 48 euros (pas de tarif enfant)
- taxe d'entrée pour le véhicule (inclus assurance et carte grise fournie à la douane) = 180 euros
- le ferry-boat d'Aqaba à Nuweiba = 320 euros (plus cher si c'est de jour et en 1 h!)
Quatre heures à attendre la fin du chargement de camions surtout, avant d'embarquer plus que surchargés sur un ferry 3 étages (départ réel à 1h30 du matin au lieu de 0h prévu) ; La traversée dura 6 heures (au lieu de 3 prévues!...) dans des conditions plutôt sommaires,car nous ne pouvons pas rester dans le véhicule pendant la traversée, et les passagers sont des égyptiens hommes qui travaillent en Jordanie et rentrent pour le week-end : de vrais bourrins sans éducation (qui en plus se déchaussent pour se vautrer dans les couloirs...) Bref, nous mettons le pied en Sinaï à 6h30, le jour est déjà levé.
Nous passons d'abord sous un portique thermique (grippeA oblige!...) avant de nous diriger vers les bureaux (laissons le temps aux bourrins de débarquer, nous avons tout notre temps) : nous nous sommes préparés à un rude passage douanier (d'après les récits) alors la fatigue d'une nuit blanche ne va rien arranger ; et bien non, 2 heures en tout, un agent s'est occupé de tout pour nous éviter déplacement, attente,et même fouille !! Eric n'a eu qu'à installer les nouvelles plaques d'immatriculation. Inespéré! Et nous n'avons pas encore entendu le mot "bakchich" (Le backchich est d'usage dans ces pays mais en Egypte c'est pour un oui, pour un non : le moindre renseignement est monnayable...)




Direction la mer pour nous poser, et étudier notre itinéraire à suivre et puis ...plonger.
Le Sinai, restitué en 1989 par Israël est la porte orientale de l'Egypte ; péninsule entre le Golfe de Suez et d'Aqaba, constituée presque principalement de montagnes dont le Mont Sinaï (2637m), montagne sacrée depuis l'Antiquité mais plus proche de nous, il a été témoin de l'exode des juifs de l'Egypte avec le prophète Moïse qui y aurait reçu les "tables de la Loi" (dix commandements); par ailleurs, une grande partie de désert est arrêté par
la mer Rouge : axe commercial entre Orient et Occident depuis l'Antiquité , l'ouverture du Canal de Suez en 1869 permet alors le passage de la mer Rouge à la Méditerranée. A ce jour, elle offre des sites de plongée sous-marine remarquables ; nous nous poserons à Dahab où le sable y est bien blond (dahab = or en arabe), le village tranquille avec hôtels, resto et petits magasins de souvenirs. Ballades en chevaux ou chameaux sur la plage, c'est aussi le pôle d'attraction des véli-planchistes. Quelques jours de remise en forme : au programme baignade et "snorkeling" (palme-masque et tuba), école pour les filles et farniente pour les parents, nous retrouvons le plaisir de bouquiner.
Par contre, il va falloir nous habituer avec les tarifs car par définition (de routards et roulards unanimes), l'égyptien est roublard avec le touriste,il faut le savoir, et pour nous c'est une nouveauté depuis ces derniers mois donc rester vigilant est le maître mot ; 1euro= 8 livres egyptiennes et eux ils appellent cela des pounds (livre en anglais) mais les centimes sont des piastres et les commerçants donnent le prix en arabe et pour arranger l'embrouille, aucun prix n'est affiché et comme c'est "à la tête du client", tous les jours cela change (X4 parfois plus!).
Après la rapide visite de Sharm-El-Cheikh, , qui n'était encore qu'un village de tentes dans les années 80, a aujourd'hui bien évoluée, c'est Las Vegas , des hotels-spa-diving club qui longent le littoral, en empêchant l'accès pour nous, évidemment. Pour profiter de voir encore et encore des poissons multicolores, comme dans un aquarium, nous irons au Parc National de Ras Mohammed tout à fait à la pointe du Sinaï : alors là, réserve protégée = vaste fumisterie (nous sommes un peu naïfs mais nous voulons toujours y croire) , nous pensions payer pour trouver quand même un environnement structuré (le mot est un peu fort ici je sais mais il faut le temps de s'y faire...) ; en fait :
. le site est truffé de campements militaires, la moitié fermée mais chut c'est secret défense!
. le visitor center (qui est normalement fait pour accueillir les visiteurs) se trouve dans des bâtiments délabrés et insalubres, il faut aller trouver quelqu'un pour avoir la clé des W.C qui ressemblent plus à une porcherie, où je n'ose même pas vidangé mes toilettes!!
. aire de camping, enfin, plutôt emplacement de parking sans point d'eau où il faut passer un barrage militaire pour entrer...
A part cela, c'est tranquille et la luminosité de l'eau nous permet des rencontres assez stupéfiantes avec de nombreuses espèces de poissons de récif à quelques mètres seulement au bord de la plage : poissons-clown, poisson-napoléon, poissons-flûte, poissons-perroquet, ange royal et des corail-cerveau, corail alvéolé, gorgone rouge, bénitier... Chloé a même vu une rascasse volante et nous voici plongés dans les encyclopédies pour retrouver le nom de ce que chacun a aperçu... génial!
Notre objectif prochain est la capitale mais la route qui y mène est peu intéressante bien qu'elle longe la mer, remontant le golfe de Suez ; une zone désertique avec quelques djebels en fond d'un côté de la route, des plates-formes pétrolières de l'autre ; nous traversons même désormais le canal de Suez par un tunnel ce qui rend moins attrayant cette partie.
Du 23 novembre au 2 décembre Le Caire
6 millions 800 000 habitants (3 fois Paris), cette capitale rassemble à elle seule le quart de la population du pays. Située sur le bord du Nil, entourée de périphériques à plusieurs voies c'est une ville immense qui forme un véritable labyrinthe ; de hauts buildings modernes se dressent au-dessus des avenues de la ville. Cependant, nous pouvons encore voir des bâtiments en brique de boue séchée, la circulation y est très éclectique et nous roulons à côté des chariots tirés par des ânes, aussi bien que des troupeaux de moutons ; une fois posés, nous effectuons nos déplacements aux différents angles de la ville par taxi ce sera plus prudent. Nous avons heureusement le point GPS d'un camping, le seul apparemment ("le Salma Camp") pas très loin de la ville. C'est loin d'être LE super camping mais pas le choix ; il y a au moins de l'espace, et on y rencontre tous les voyageurs en vélo, moto, auto, camping-car...qui ne vont pas à l'hôtel et font une halte pour préparer leur voyage vers le sud (ou le Nord pour ceux qui remontent). Il faut faire abstraction de notion d'hygiène car il y a douches et eau chaude (ce qui est un grand luxe dans ces pays) mais il faut voir l'état des installations..!..Il faut aimer être bercé par l'appel du muezzin , les avions qui décollent régulièrement (et nous tombons la semaine du Grand Baïram!!) , la séance de fumigation quotidienne au coucher du soleil à base d'un mélange douteux qui dégage une odeur acre de gasoil! pour lutter contre les moustiques ; par contre, nous faisons nos premières leçons d'apprentissage du "comment détecter puis déjouer la filouterie de l'égyptien" : à commencer par le gérant du camping qui n'est là que pour proposer les services d'un pote taxi qui prend double tarif, vous enfumer à toute heure de la journée en brûlant les poubelles du camping (et les siennes sûrement) juste à côté du linge qui sèche et empocher l'argent ; les chauffeurs de taxi qui multiplient par 3 ou 4 les tarifs usuels et qui essaient en plus de vous dupper en rendant la monnaie ; les petits commerces alentours qui eux multiplient par 5 (X3 ne suffisait pas!!) les prix pratiqués habituellement... A part cela, nous passons de bons moments entre routards à s'échanger astuces, renseignements et aides mécaniques (et culinaires aussi) en franco-anglo-germanophonie !






D'urgence, nous avons des démarches administratives urgentes à régler
au Caire :
- obtenir notre visa pour le Soudan pour maximum dans un mois
(cause visa égyptien expire), ce qui n'est pas bien facile avec les actualités politiques que nous suivons de près ; et pour corser la chose, la France (contrairement à l'an passé et à d'autres pays d'Europe) n'accepte plus de délivrer de lettre de recommandation, donc nous nous débrouillerons sans. Nous apprenons en arrivant au camping par "Nénesse" (Armand et Martine) qui viennent de l'obtenir que nous avons une chance certaine si nous avons déjà notre visa éthiopien (le pays que nous traverserons après le Soudan), d'autre part, tout peut s'effectuer en 2 jours : ça c'est plutôt une bonne nouvelle. La moins bonne est que demain, c'est la veille de la méga fête du ramadan (Grand Baïram) et que toutes les administrations ferment durant une semaine (aïe aïe aïe). Alors c'est la course contre la montre pour l'ambassade d'Ethiopie (là nous pouvons reconnaître que notre taxi-driver a été d'une efficacité remarquable car même avec l'adresse, nous n'aurions pas trouvé seuls si vite!) et records battus (120 dollars plus tard), en moins de 3 heures, nous obtenons nos visas éthiopiens pour 3 mois. Malheureusement, nous arriverons trop tard pour le consulat soudanais car c'est comme chez nous le vendredi midi avant un gros week-end férié, les bureaux affichent fermés avant l'heure.
Et bien nous en profiterons pour visiter :
* le musée égyptien pour glaner des informations sur les différentes dynasties pharaoniques et comprendre un peu mieux l'histoire des pyramides et ces grandioses civilisations qui nous fascinent !...Le musée est immense et fait salle comble chaque jour certes, mais aurait besoin d'un bon coup de rajeunissement et manque de modernité pour mettre en valeur la richesse de ce qu'il contient alors qu'il renferme des collections inestimables très complètes sur l'art pharaonique. Les expositons suivent un ordre chronologique des différentes époques de l'Ancien Empire au Nouvel Empire, ce qui nous permet d'un peu mieux situer lcette partie de l'histoire ; un étage presque entier consacré à Toutankhamon et notamment les vestiges de ce qui a été découvert en 1922 dans la vallée des Rois : outre la momie de l'un des pharaons les plus célèbres, le tombeau était doté de milliers de trésors dont le fameux masque funéraire, vraiment impressionnant! Une autre salle renferme les momies des principaux rois du nouvel Empire et notamment RamsèsII. Mais nous y trouvons aussi des exemples de sarcophages et tout ce que contenaient les chambres funéraires (qui étaient alors des "résidences secondaires de l'au-delà" où rien ne devait manquer) et donc chars, quantités de statues, bijoux, amulettes, même fruits et animaux domestiques momifiés.etc... Les photos y sont interdites, donc il faudra venir voir vous-mêmes , c'est un plaisir visuel!
*Les pyramides de Gizeh qui regroupent
. la pyramide de Chéops, la grande, 53 000 m2, tombe que Khéops fit construire pour sa sépulture vers 2650 avant J.C.Il a fallu 100 000 hommes pour entasser pendant 20 ans ces milliers de blocs de pierre calcaire (dont chaque pesait + de 2 tonnes) ; la hauteur primitive était de 146 m, elle en fait 137 aujourd'hui ; elle est longée à la face Sud par de nombreux mastabas (nommées ainsi les tombes avec leur salle de sépulture), nous pouvons descendre en visionner quelques-uns si la chaleur étouffante et le manque d'oxygène ne vous oppressent pas ; l'intérieur de la pyramide se visite aussi mais claustrophobes s'abstenir.
. la pyramide de Chéphren, autre pharaon 2600 ans avant J.C. Un mètre moins haute que la première, une partie de revêtement de pierre calcaire polie est visible au sommet ;
. le sphinx (lion couché à tête humaine, qui représente le roi Chéphren : statue colossale taillée dans le roc qui subit de nombreuses restaurations (les Mamelouks l'utilisaient comme cible pour leurs exercices de tir...!) ;
. la pyramide de Mykerinos 62 mètres seulement.







Le 2 décembre, nous prenons donc la route du désert oriental, les visas soudanais sur nos passeports, allégés de 400 dollars, enfin, un peu plus car une semaine de camping plus un plein au "Carrefour" (...) .
Nous traversons la "nouvelle vallée", appelée ainsi car il est en projet d'y acheminer l'eau du Lac Nasser et donc de favoriser l'agriculture, pour repeupler cette région et désengorger la population du Caire. Trois principaux oasis : Bawiti,Farafra, Dakhla, Kharga où se mêlent désert, mais aussi verdure (bougainvillers, dattiers, mais hélas plus de lotus ni papyrus!!) puits et sources d'eaux chaudes ; le climat y est relativement sec et la population bien plus accueillante.
Les contrôles policiers sont très rapprochés (à tous les villages) mais assez succints et courtois (ils relèvent notre numéro de plaque, combien de personnes?"d'où tu viens?""où tu vas?"), nous sommes surtout soulagés de ne pas avoir à se faire escorter comme dans certains récits... A chaque barrage, lorsqu'ils nous demandent à quel hôtel nous dormons et que nous répondons dans la rue, notre véhicule est notre maison, cela les interpelle toujours un peu. Nous prenons un peu à la légère cette surprotection/surveillance sans vraiment nous préoccuper qu'ils puissent être tracassés par ce qu'il pourrait nous arriver ou bien ce que nous pourrions leur amener comme ennui, mais vraiment à part se faire escroquer dans nos achats, ... aucun sentiment d'insécurité en ce qui nous concerne. Un parfait exemple de cette surprotection : à Kharga, un oasis où nous avons prévu de bivouaquer pour la nuit, au pied du temple d'Ibis, qui malheureusement est fermé à l'heure où nous arrivons ; nous nous retranchons alors sur un hôtel qui ferait camping...nous nous méfions toujours de ce genre de renseignements et l'expérience nous donne raison car on nous réclame 4€ par personne pour être stationné sur une simple place de parking, près de l'entrée sans sanitaires! Cela paraît peu cher pour certains lecteurs mais pas pour notre budget et surtout pour le pays (restons dans le contexte!). Il fait nuit, mais la ville a l'air calme, nous nous posterons dans la rue qui longe le musée, éclairée, peu fréquentée, nous ne serons pas dérangés. Mais c'était sans compter justement sur la "touristic police" qui a été prévenue par le gardien du musée. De fait, un agent vient nous demander si nous avons l'intention de dormir là, téléphone à son supérieur pour avoir une autorisation ; c'est oui sans trop discuter ; nous ne voulions surtout pas qu'il nous invite (oblige même parfois) dans son quartier général!! Nous avons en tous cas occupé une bonne partie de sa soirée, entendant à plusieurs reprises ses pas discrets et les compte-rendu sur talkie-walkie. Et le lendemain matin, nous en sommes quittes pour lui "offrir" un stylo qu'ils nous réclame comme un dû.(ben, ben!!au lieu de pen).












Nous trouvons une place de rêve pour bivouaquer, en pleine " crystal vallée",
de petites montagnes
constituéesd'amalgame de
quartz que Léa se précipite de collecter pour se constituer une boutique de bijouterie.
Les couleurs au coucher et lever du soleil sont fantastiques !
Le désert blanc, qui lui succède est en fait une piste balisée qui serpente entre différentes concrétions de calcaire, qui, avec l'érosion, forme des sculptures originales , style "mushroum"(champignon) et nous permet une bonne récréation pour tous.







LUXOR (ancienne Thèbes) sur la rive est du Nil ; halte presque obligatoire pour la visite de la Vallée des Reines et des Rois ; départ aussi d'excursions sur le Nil à bord des "félouques"(barques en bois et à voiles ).
Un camping dans le quartier chrétien attenant à l'hôtel Rezeiky ; nous y retrouvons de nouveau les "Nénesse" (Martine et Armand), français qui descendent en Afrique du Sud avec un Land Rover et avec qui nous allons faire probablement un petit bout de route pour traverser le Soudan.
Notre séjour sur Luxor est un peu troublé par la venue du président égyptien (Mr Moubarak) car les accès aux sites sont limités, et dans un premier temps, une fois arrivés au camping, nous sommes "séquestrés" à l'intérieur pendant une après-midi. Nous verrons tout de même le lendemain le Temple de Luxor qui trône au centre de la ville joliment illuminé la nuit ; cependant, lorsque nous parvenons enfin à la vallée des Rois vers 14 h (encore bloqués tout le matin mais dans la ville cette fois par la visite présidentielle), c'est pour apprendre que le site ferme à 16h alors nous ferons au plus vite et visiterons en partie le Deir El-Bahari ou temple funéraire de la Reine Hatchepsout qui est en partie creusé dans la roche, s'élève sur 3 terrasses, avec de chaque côté des espaces voutés qui recèlent des bas-reliefs en état, gravés et colorés; malheureusement, nous ne pouvons visiter l'hypogée car un archéologue y travaille et ne veut pas être dérangé !



7 décembre : Nous prenons la vallée du Nil pour rejoindre la Nubie, longeant des parcelles de champs cultivées bordées de palmiers . A première vue, les habitants y sont plus sympathiques, de nouveau ils nous saluent au passage, et leur village de maisons colorées commencent à nous donner un avant-goût de l'Afrique ; ceci nous revigore un peu car nous sommes très déçus de ce pays, qui regorge de remarquables richesses patrimoniales, mais d'habitants trop profiteurs ; cela va à l'encontre de ce que nous recherchons dans notre voyage. 2300 kilomètres parcourus , sans compter que c'est pour l'instant le pays qui nous coûte le plus cher pour venir (au total décrit plus haut il faut maintenant ajouter 750 euros!!!), le moindre rapport avec les hommes (puisque ce sont les seuls à qui nous avons affaire) est fallacieux ; que ce soit le quémandeur, le boulanger, le commerçant, le pompiste, le taximan, le vendeur de souvenirs, le gardien (policier) de site, les propriétaires de "camping", les gérants d'hôtel, ....



Mais le summum, ce sera à Assouan avec l'arnaque suprême du transitaire de bateau (Mister Saleh) qui, en plus d'être menteur nous prendra le tarif XXL.
J'explique pour ceux qui n'ont pas suivi que , pour nous rendre au Soudan, nous devons impérativement prendre un bateau pour traverser le lac Nasser, de Assouan à Wadi Halfa au Soudan, alors qu'il existe une route qui le longe mais non ouverte au public pour des raisons qui nous dépassent..., le transitaire est seul sur la place (donc pas de concurrence), il fait la pluie et le beau temps et le sait bien ; de plus, nous ne pouvons pas voyager avec le véhicule qui part sur une barge à part, le même jour que nous, mais met plus de temps...Nous déjà c'est 17 h normalement ! Connaissant les notions d'hygiène de l'égyptien et sa considération pour les humains (encore pire pour les touristes), nous imaginons fort bien ce que nous allons subir pendant le voyage ; nous avons déjà testé pour traverser Jordanie/Egypte, mais nous continuons à le croire avec la façon dont nous sommes traités :
- la promesse d'avoir un meilleur prix si le bateau est plein ; or il sera archi-archi plein (nous payons par tranche de taille de véhicule, et payons 2 fois et demie le prix des 4x4 pour 1m de plus environ... Une fois tous les véhicules enregistrés (11 au total ce qui ne doit pas lui arriver tous les jours, puisqu'il a affrêté une barge supplémentaire!!), il ne tient pas compte de sa promesse et aux réclamations d'Eric rétorque "c'est ou tu payes ou tu t'en vas". En plus, il compte Léa en place adulte, si ce Mr Saleh n'est pas un bandit, je ne sais pas comment appeler ça.
- Pas moins de 3 jours ont été nécessaires pour faire les démarches, nous balladant dans la ville de bureaux en bureaux (nous formons un groupe de 25 mais tout le monde se déplace avec son véhicule, personne ne nous a conseillé le co-voiturage), amener les véhicules au port le samedi et s'entendre dire que les bateaux partiront en même temps que nous, le lundi seulement..conclusion il arrivera déjà une journée plus tard que prévu!
- le seul camping à 10 km du village qui pouvait tous nous accueillir est fermé par les autorités depuis peu (encore des histoires de guèguerre entre Nubiens et égyptiens ...?!)
- concernant le bateau passagers, on nous fait venir à 9 h le matin, pour rester sur le bateau jusqu'au soir 18 h le départ! Alors le voyage promet!!! Nous avons même prévu le gros équipement (tentes, duvets, couvertures et pique-nique) car pour agrémenter le tout, l'attente de l'autre côté est paraît-il aussi quelque chose d'incroyable! Par contre, nous ne sommes pas les seuls occidentaux, donc ça c'est plutôt une bonne nouvelle, cela détendra l'athmosphère!! Et les bourrins n'ont qu'à bien se tenir! (enfin, toute proportion gardée car nous sommes une trentaine face aux quelques 600 passagers, autant dire une goutte d'eau dans un océan ...












"Notre croisière sur le Nil"
Lundi 14 5h appel du muezzin, 6h30 debout, 7h petitdéjeuner 8h départ pour le port ; 2 taxis 505 pour notre groupe de 12 francophones restés ensembles.
1h après les démarches douanières nous avons autorisation de monter sur le bateau ; de suite, nous nous approprions un coin sur le pont pour déplier nos 2 tentes et nous former ainsi un espace vital correct pour nous et les autres français Martine et Armand.
12h30 pique-nique , car nous avons un ticket repas prévu mais nous le gardons pour ce soir manger chaud...
15h : toujours chargement des barges, là nous nous amusons bien et sommes assez épatés de voir tout ce qui est transporté, les pauvres gars travaillent là dans des conditions terribles ; et celles qui contiennent les véhicules ne sont toujours pas parties ;
16h30 : coucher du soleil, immédiatement après, appel du muezzin en direct-live ; et donc pas mécontents d'avoir marqué notre territoire car nous sommes côté est (la Mecque), ils sont au moins une cinquantaine qui se prosternent sur le pont (en bas nous ne pouvons chiffrer) entendant le boum du front qui frappe le pont en métal et nous réalisons qu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, nous pourrions nous faire piétiner allègrement ; nous n'en menons pas large, bien que nous ayons un avantage sur les autres occidentaux : nous avons les filles et là ils respectent...
18h la nuit est tombée et nous ne sommes toujours pas partis, le pont est bondé, les couloirs surbondés, difficile de se procurer un espace où poser les pieds et se frayer un passage pour aller aux toilettes (là pas de description possible vous pouvez tout imaginer c'est encore en-dessous du réel).
A partir de là, nous n'envisageons plus de nous déplacer, ce sera Eric qui ira nous chercher nos plateaux repas plus tard dans la soirée (fèves au jus, un oeuf dur, 2 tranches de concombre, 2 tranches de tomate et une "vache qui rit", on se croirait au bagne!) car le proverbe "qui va à la chasse perd sa place" a ici tout son sens...
Mardi 15 Evidemment nous avons mal et peu dormi car le vent est très fort sur l'eau, le pont est raide sous nos os (la prochaine fois, nous prenons les tapis de sol car l'utilité sera double) ; mais la nuit fut étoilée et cela vaut tous les sacrifices !
5h : réveil à l'appel du muezzin, un vrai champ de bétail mais tout le monde s'est bien tenu et la tente n'a pas été brulée par les mégôts de cigarettes ...
6h : la récompense de passer devant le site de Abu Simbel sanctuaire de Ramsès et sa femme Nefertari (pharaon ayant régné 66 ans au XIIIe siècle avant J.-C, fils du pharaon Seti 1er.), il est enfoui dans la roche, mais, au début des années 60, à cause de la construction du barrage d’Assouan il est menacé d'être submergé par le Nil , donc une équipe internationale d’ingénieurs organise le sauvetage des temples qui sont découpés en blocs, transportés puis reconstitués sur un nouveau site situé plus en hauteur. Ce devait être pharaonique !...
7h : un petit thé et quelques gâteaux qui nous restent ; il est l'heure de descendre se faire enregistrer aux douanes (sur le bateau) après une brève prise de température auriculaire dont l'embout sert pour plusieurs (pour le coup, nous allons ressortir avec une otite!!) et le diagnostic ?? nous avons bizarrement tous 34°5.
8h : nous replions les tentes, le soleil est déjà bien chaud, nous en avons presque oublié la fraîcheur de la nuit passée.
13 h encore une démarche administrative : on nous fait descendre dans la cuisine pour remplir 4 formulaires
14 h Avec bien du mal (car les bourrins sont agglutinés pour sortir les premiers), nous parvenons à nous frayer un passage pour sortir, un agent vérifie encore les passeports et bouche la sortie, l'imam qui récite à tue-tête en haut de l'escalier et échauffe les esprits, l'ambiance est un peu tendue..
A partir de là, nous sommes pris en charge par un "faciliteur" (Mr MAdih) qui va s'occuper des démarches pour récupérer le véhicule...Et nous voici au Soudan prêts pour de nouvelles aventures qui vont bien vite se révéler mémorables car nous débarquons à Wadi Halfa sans toît ni nourriture ...
Le faciliteur nous fait monter dans deux mini-bus pour nous transporter directement à un hôtel de son choix (qui lui appartient) , enfin ce que l'on appellerait plutôt nous une auberge de jeunesse avec pièces de terre battue aux lits métalliques, aux sommiers inconfortables et alors les matelas...nous n'avons pas soulevé le morceau de tissu qui le recouvre même par curiosité, mais certains ont pris des photos !! Ce que je sais c'est que nous avons prêté notre tente à une voyageuse qui a passé la première nuit blanche par trouille des insectes...(quant aux photos, nous les visionnerons quand l'aventure sera digérée).
Coincés donc trois jours dans ce village nubien, nous aura permis de faire connaissance avec les villageois, fort sympathiques et joviaux, et de belles femmes aux habits colorés s'occupent des petites échoppes, cela fait plaisir à découvrir...




