TURQUIE le 15 août
La Turquie appartient au Proche-Orient. Istanbul en est la plus grande ville du pays, , considérée comme une capitale (la vraie est Ankara!)divisée en 2 parties par le détroit du Bosphore. Une partie se trouve en Europe, l'autre en Asie, le turque se plait souvent à relever cette particularité avec fierté. Environ 70 millions d'habitants pour une superficie de 780 000 km² répartis en 80 départements, le pays est vaste (1500 km d'ouest en est et presque 600 km du nord au sud) et nous avons bien l'intention de prendre du temps pour le visiter, les sites historiques jallonnent le pays avec ses 10 000 ans d'histoire.
L’essentiel de la population turque est originaire d’Asie centrale. Le pays compte toutefois de nombreuses communautés ethniques : Grecs, Kurdes, Arabes, Arméniens et Juifs. L’islam est la religion de plus de 98 % de la population , nous arrivons en pleine période de début du ramadan.
La Turquie est un pays aux 4 mers (la Mer Noire, la Mer de Marmara, la Mer Egée et la Mer méditerrannée) ;
Côté Mer noire, nous nous poserons dès le premier soir dans le petit port tranquille de Kilikoy aux bâteaux colorés où nous pouvons à loisir observer la vie des pêcheurs au son du muezzin qui chante plusieurs fois par jour depuis le minaret de la mosquée (un peu comme le prêcheur au Mexique et Guatemala qui dit la messe dans un mégaphone).
Nous poursuivrons quelques jours plus tard notre descente côté Mer de Marmara où le trafic maritime est très actif, la mer s'y trouve plus chaude et les petits coins sur la plage sont faciles d'accès, cela nous convient bien.
Côté Mer Egée, nous prenons du bon temps dans cette petite péninsule ( Golfe de Saroz à l'ouest de Cannakale) , avec vue lointaine sur la Grèce, où nous trouverons des criques sauvages habitées de quelques familles de pêcheurs des plus hospitaliers que nous imaginions. Port de Findikili (komurlimani) spot de plongée hors pair, où nous accédons tout à fait par hasard par une piste de 10 km de descente, (ne cherchez pas sur la carte vous ne trouverez pas mais j'ai le point GPS pour ceux que cela intéresse fortement) très calme et isolé la semaine, mais bruyant et submergé de tentes et plongeurs le week-end, ce qui nous fait nous sauver dare-dare pour un autre minuscule port (près de Besyol) encore plus sauvage dans une crique encore plus isolée, avec une eau turquoise mais un peu trop froide, ce qui nous permet d'étrenner les combinaisons de plongées. Seuls sur la plage, nous sommes chaque jour ravitaillés par les habitants du coin qui se sont donnés le mot (par l'entremise d' Ersen, enfant du pays qui pratique l'anglais et nous accueille sur les terres de son oncle) et se relaient en mobylette, en tracteur ou en auto pour nous offrir les légumes et fruits de leur jardin (poivrons, tomates, aubergines, courgettes, pastèques et melons, sans oublier les figues) ; même le poisson nous ne pouvons pas le payer, nous ne pouvons que l'apprécier, ce sont des offrandes de bienvenue et ne connaissant pas leurs coutumes, nous ne nous aviserons pas de les contrarier... C'est tout de même assez inattendu et même un peu gênant.
La dernière crique de ce côté que nous découvrirons est carrément dans les dunes, la mer y est toujours aussi calme, bleue transparente, froide et cette fois la seule âme vivante que nous rencontrons est une chienne fidèle. Le premier jour nous pensions qu'elle retournerait chez elle mais le deuxième jour, il a fallu la nourrir et la pauvre n'était pas "à la noce"... nous qui ne mangeons pas de viande, et oui, les abords de villages sont jonchés de vendeurs de fruits et légumes du "bled" et les prix sont bien en-dessous de ce que vous imaginez, les pêches et nectarines on nous les fait même choisir directement sur l'arbre !!!
Nous descendrons toute la péninsule en finissant par un circuit côtier jonché de cimetières militaires et monuments aux morts de la guerre 14 (un peu comme chez nous les plages du débarquement en Normandie). Cet appendice qui, lorsque nous regardons la carte, représente une minuscule partie de la Turquie regorge de richesses insoupçonnées (tant en paysages qu'en personnes), nous promet de belles surprises à suivre même si la quiétude des villages de pêcheurs nous manquera sûrement...
Le 28 août : Nous traversons de l'autre côté de la mer de Marmara par un ferry pour rejoindre la province de Canakkale et
Le site archéologique de Troie : au sud-ouest du détroit de Dardanelles (celui-ci relie directement la Mer Egée à la Marmara, séparant l'Europe et l'Asie par un bras de mer de 62 km). Il nous replonge dans l'histoire légendaire de la guerre avec la Grèce racontée dans "L'Iliade" de Homère. Neuf villes construites les unes sur les autres, la première au IIIème millénaire. Les fouilles commencées en 1870 ont duré 20 ans, découvrant notamment le "trésor de Priame" disparu à Berlin en 45, qui réapparaît mystérieusement chez les Russes quelques 50 ans plus tard...En 2001 -2002, découverte par un allemand de la ville basse qui s'étend sur 350 000 m2 soit 13 fois plus grande que l'acropole connue et en fait l'une des plus grandes villes de l'âge de Bronze avec 5000 à 10 000 habitants. Le fameux cheval de Troie (qui servit de ruse de guerre selon l'Odyssée), reconstitué en 1975, trône sur le site ; il nous permet d'étayer nos rappels d'histoire pour les filles et à cette occasion, nous revisionons le film de 2004 de W.Petersen (qui comporte soit dit en passant pas mal d'erreurs).
S'ensuivent deux autres sites assez proches qui se trouvent encore à l'état de fouilles dans les herbes hautes, l'entrée à peine protégée, ("Léa , nous n'emmenons pas les morceaux d'anses d'amphores!!!) : Alexandria Troas (Dalyan) et Apollon Siminthion (Gulpinar) ; je vous fais grâce des explications historiques encyclopédiques bien que nous les ayons potassées et qui sont fort intéressantes mais un peu longues et nous avons peur de vous barber.
Du 4 au 9 septembre : Nos amis annéciens venus nous rendre visite ont choisi le sud de la côte égéenne et la paisible ville de Selcuk est un bon point de départ ; cette région en-dessous d'Izmir compte le plus grand nombre de vestiges antiques recensés et en premier lieu
la Cité d'Ephèse : A l'époque romaine, Efes prospéra grâce au commerce (à cette époque la mer arrivait jusque-là) et devint la capitale de l'Asie Mineure (jusqu'à 250 000 âmes).On dit qu'elle fut embellie par les empereurs successifs et attira des immigrants de tout l'empire. Et nous n'avons pas de mal à le croire en déambulant entre les remparts, de l'Acropole aux divers temples, de gymnases en thermes, en passant par le "grand théâtre" qui pouvait accueillir 25 000 spectateurs et dont la disposition des gradins servait astucieusement à améliorer l'acoustique (Léa nous en fait une brève démonstration!) ; sans oublier au bout de la "voie des Courètes" (une allée de dalles de marbre qui laissent deviner les ornières creusées par les roues des charrettes et ), la bibliothèque qui de par son architecture particulière la fait voir plus grande qu'elle n'est et les niches des façades abritant des statues chacune représentant des vertus (Areté pour la bonté, Sophia pour la sagesse...). En tous cas quantités de colonnes qui nous valent bien des poses (et pauses aussi).
Nous sommes en pleine période de "ramadan" et découvrons assez amusés les traditions qui ajoutent à nos âmes de touristes en quête d'exotisme d' instructives coutumes religieuses : Parfois réveillés par les tambours qui circulent dans la ville avant l'aube (c'est 5h!!!) pour réveiller les croyants afin qu'ils s'alimentent avant le lever du jour (ensuite ils ne le font plus jusqu'au crépuscule normalement), nous sommes aussi assez souvent surpris par l'"ezan" : phrase clamée par le muezzin du haut des minarets 5 fois par jour et qui invite à la prière musulmane (à l'aube, à midi, vers 17h, au coucher du soleil avec en prime le coup de canon qui annonce la fin du jeûne, puis vers 21 ou 22h !
Au programme cette semaine :
- marché pour s'imprégner du climat et familiariser tout le monde aux livres turques (monnaie en vigueur 1€ = 2,14 YTL), apprentissage du nom des légumes, découverte des différents accents pour dire " Merhaba" (salut), "Teshequeredem" (prononciation de Merci), "Güle Güle" (au revoir) ...
- dégustation de spécialités :
"Gözleme" (crêpe au fromage et épinards), "Börekci" (feuilleté fourré au fromage persillé), différents kebabs, dorades, calamars, le tout arrosé de "raki" (boisson nationale au goût d'anis un peu comme l'Ouzo grec), sans se priver de "loucoums" (confiserie faite de pâte molle aromatisée et recouverte de sucre glace ou paillettes de noix de coco) et "baklava" (feuilleté au miel, fourré de noix et/ou pistaches)
- bivouac sur des plages désertes assez difficiles à trouver mais néanmoins choisies avec soin et propices à la baignade et la plongée, cours de lancer de canne à pêche pour les hommes, barbecue improvisé dans les dunes pour se délecter de saucisses locales, suivies d'une sorte de "reblochonnade" savoyarde (Yves a osé braver les douanes en emportant dans ses valises un rebloch' bien bien coulant!!et tome appoint !!!), et bananes fourrées au "Nutella" façon Véro , Hum!!
Et nos routes se séparent car eux partent visiter Istanbul malgré les inondations désastreuses alors que nous poursuivons notre chemin vers la Cappadoce.
Ces 5 jours ensembles ont passé bien vite et nous ont permis de recréer des instants comme avant notre départ de France, nous permettant de constater que nos relations ne changent pas et raccourcir notre temps de séparation, mais aussi de montrer dans la pratique ce qu'est notre vie de nomade avec ses plaisirs et ses déboires ("ce ne sont pas toujours des vacances", n'est-ce pas??!!). En tous cas, "avis aux amateurs", la vie dans le CC peut se révéler profitable et peut aussi révéler des passions, allez savoir...















Après avoir quitté nos amis, nous reprenons la route sur Denizli, bordée de part et d'autre de vignes ; c'est la période des vendanges et le raisin sèche au sol, sur place, les vendangeurs eux-mêmes sont installés dans des campements de fortune avec toute leur famille le temps de la récolte. Et comme chaque fois que nous traversons une région de cultures, le produit est vendu en bordure de route (1 YTL le kilo ce qui équivaut à moins de 0,50 euros!) et nous en faisons une cure. Les turques eux les utilisent dans les desserts ou pour accompagner le boulgour.
La pluie nous surprend vers Pamukkale et la vue des concrétions de calcaire s'en trouve un peu moins spectaculaire. Ce sont en fait des sources d'eau chaude qui, en dévalant la falaise, déposèrent leur calcaire et en se refroidissant formèrent des vasques naturelles d'où débordent des stalactites pétrifiées. C'est là que les Romains édifièrent une vaste cité thermale, Hierapolis, afin de bénéficier des vertus curatives de l'eau. Le site est classé Patrimoine Mondial de l'Unesco, plus pour longtemps si l'on considère la dégradation du travertin (c'est comme ça que s'appelle ce minéral blanc): l'affluence touristique des années 80/90 a asséché les sources car de nombreux hôtels avec piscine sont alors sortis de terre à cette époque ; sans parler de pollution, argument qui a incité les autorités à interdire depuis quelques années seulement la baignade dans les cuvettes ; cependant, le site est ouvert 24h/24 et dès 7 h du matin les cars affluent à raison de 1 toutes les 10 minutes, le calcul est vite affolant! Nous attendons 2 jours que le temps s'améliore mais l'abondance des visiteurs de toutes nationalités et le harcèlement des propriétaires d'établissements hôteliers (partiellement vides à cette époque) qui voudraient nous compter parmi leurs clients nous agacent et nous font déguerpir plus tôt que prévu ; nous nous rabattrons sur Kaklik où se trouve un phénomène miniaturisé mais similaire, à l'intérieur d' une grotte ; le site est certes peu entretenu et délabré, mais l'entrée est à 1€ (au lieu de 10 sans le parking à Pamukkale), abrités, nous pouvons déambuler à loisirs, Léa jouer avec la lampe torche et les chauve-souris, Chloé s'appliquer à fignoler des "fonds d'écran" (images de bureau pour les écrans d'ordinateur).




13 septembre :
Nous espérons retrouver le beau temps en nous dirigeant de nouveau sur la mer mais Méditerranée cette fois ; d'abord voir Marmaris : station balnéaire autrefois réputée pour les pêcheurs d'éponges jusque dans les années 70, grand port où se négocient toutes les excursions en "gület" (voilier en bois loué avec skipper et cuisinier qui contourne les îlettes = entre 350€ et 600 par jour mais 15 personnes) ; la promenade le long de la marina (un peu la Croisette de chez nous) est aujourd'hui bordée de boutiques de souvenirs, hôtels de luxe, "fish and chips" à l'américaine et défilé de touristes tatoués en maillot de bain ou torse nu ; cela nous surprend un peu, on en oublie un petit temps que nous sommes en Turquie ! Par contre, pas de plage alors nous préférons aller essayer de trouver un petit coin de paradis : nous longeons en premier la presqu'île de Resadiye ou de Datça puis péninsule de Hisarönü par une route sinueuse entre fôrets de pins où s'exposent milliers de ruches pour la fabrication de miel de pins (savoureux!!) et débouche à son extrêmité au site archéologique de Knidos en surplomb de baies accessibles seulement en bateau avec vue sur les îles grecques de Kos et Rhodes ; mais là encore, un peu trop de complexes hôteliers à notre goût car pour nous cela limite les accès simples et gratuits aux plages ;



21 septembre : connaissant désormais un peu mieux les coutumes turques, nous avions guetté la fin du ramadan car ce sont 3 jours de fêtes dit-on et nous les savons festifs ; nous avons pu constater que les fêtes musulmanes sont assez respectées, cela signifie pour eux la fin d'un mois de sacrifices. Or, nous ne voulons pas nous trouver en plein centre d'une place publique ... exposés au bruit . Et nous le sentons venir ce matin là, car au détour d'une place où nous cherchons notre chemin , les femmes sont affairées à terre près du feu à façonner des petites boules de pâte, et avant même de répondre à nos interrogations se précipitent pour nous offrir un sachet de beignets tout chauds et nous souhaiter une bonne route .......
et nous de leur souhaiter une bonne "seker Bayrami" (signifie "fête des douceurs") ; Et tout au long de la journée nous voyons selon les villages, des dames (habituellement plutôt effacées) qui proposent des pâtisseries à leur voisin, dans la rue, ou réunies autour d'un verre de thé sous les tonnelles, entre femmes à l'abri des regards...Les hommes attablés aux terrasses des cafés jouent aux carte ou au "backgamon" sirotant leur rituel thé. Et les enfants partout qui vont de maisons en maisons chercher friandises (un peu comme chez nous la veille de la Toussaint) ! De même, les cimetières (le plus souvent isolés en friche et les tombes déteriorées) sont visités par des familles qui viennent nettoyer et fleurir les tombes de leurs défunts. Et notre ténacité nous mènera dans une crique idyllique dont personne ne parle dans les guides, mais qui vaut le coup pour poser le CC quelques jours, site de Sarsila, le temps que les festivités se calment.
La route côtière qui suit jusqu'à Kale est belle mais n'offre plus de plages, ou ensuite jusqu'à Antalya ce sont de belles plages de sable mais en bordure de route nationale ; il nous faudra aller jusqu'à Olympos pour trouver une petite place entre bar, hôtel, pension.Les vestiges d'Olympos : cité lycienne datée du II ème siècle après J.C dont les assauts répétés des pirates entrainèrent son appauvrissement au IIIème. Les ruines fragmentaires sont disséminées parmi les figuiers, lauriers-roses, vignes vierges, longeant un torrent et proche d'une belle plage, c'est surtout cela qui nous plaît aujourdh'hui.
Le 25 septembre, nous quittons la mer, un petit air de déception pour les filles, mais nous avons bien profité : 3600 km dans la Turquie, dont au moins 2500 à longer le littoral, une bonne vingtaine de bivouacs sur les plages et autant de couchers de soleil ! Par ailleurs, nous ne sommes pas mécontents d'aller retrouver l'hospitalité chaleureuse des turcs, car depuis quelques villages balnéaires, l'accueil laissait à désirer, un peu moins bienvenus dans certains et assaillis dans d'autres par des gardiens de parking assez pressés de nous faire payer l'emplacement à peine stationnés. De plus, autour d'Antalya les sites sont chers car ils incluent l'accès à la plage et le prix des consommations et produits de base s'en ressent, cela va avec ! Les turques, eux, peuvent s'acquitter d'une carte annuelle pour tous les sites du pays, ce qui est bien plus avantageux et qui explique que les weekends, ce sont eux que nous voyons plus que les étrangers.
Alors, nous sommes de suite immergés dans un nouveau relief qui va nous entourer tout au long des centaines de kilomètres à venir: une belle route agrémentée de forêts de pin, puis de vergers bien fournis, nous assistons à la cueillette suivie de la vente des pommes au bord des routes.Evidemment, nous nous en regalerons aussi car à 0,50 euros on ne va pas s'en priver et de plus, on vient jusqu'au CC nous en offrir !!





Après le lac d'Egirdir (on ne quitte pas l'eau si facilement), des plaines de champs de céréales nous mènent au superbe parc de Kizildag, du nom de la montagne qui surplombe le lac aux eaux turquoises de Beysehir. Nous ferons d'une traite Konya - Aksaray (une des plus anciennes pistes caravanières du monde, l'Uzun Yol) ; aujourd'hui c'est une longue route nationale de 4 voies bordée à droite par des hectares de champs de blé, et à gauche betteraves sucrières , cela ressemble à notre Beauce française.
Nous évoluons maintenant sur ce plateau à des altitudes souvent de plus de 1000 mètres désormais avec de belles journées ensoleillées mais plus courtes (l'automne est bien là) et des nuits plutôt fraîches..
Nous pourrions croire que c'est le climat rude qui rend les autochtones si soucieux de notre confort, mais pour avoir vécu plusieurs fois l'expérience, c'est dans leur culture de vouloir tout faire pour que nous soyons bien chez eux. C'est ainsi qu'un soir où nous avons trop traîné sur MSN et à répondre à nos nombreux courriers (merci quand même à nos fidèles lecteurs!!), nous nous poserons à la nuit un village où dormir, Gucunkaya , quand à 20h30 quelqu'un frappe à la porte : c'est le propriétaire de la maison d'en face qui nous invite à boire le thé, d'après le peu que nous arrivons à comprendre. La famille est composée des parents de 40 ans et une fille de 16 ans, une de 12 ans et le petit dernier de 5 ans. Le maître de maison ,Dursun, nous fait entrer dans le salon fourni de 3 canapés drappés de tissu couleur locale, un meuble TV sobre avec seuls le poste et le magnétoscope, 3 épaisseurs de tapis l'un sur l'autre, un calendrier sur un mur peint en blanc. Les 2 jeunes filles s'affairent pour nous préparer à chaque thé (chez les turcs un ne suffit pas) une assiette de fruits secs, puis une de fruits frais, entre deux des lukums et chocolats...et ils sont pleins de questions quant à notre mode de vie, ils font venir le frère, la belle-soeur et le neveu qui vivent à côté...Au bout d'un quart d'heure, les barrières sont levées, les photos sorties, des rires d'incompréhension, des regards d'observation surtout de la part des femmes, et d'admiration quant à la blondeur des filles. Trois thés et 2 heures plus tard, nous prenons congé non sans être invités le lendemain matin avant de partir à venir cueillir des tomates dans le potager!!
Il faut préciser que nous communiquons grâce au dictionnaire turque/anglais, atlas, feuille et crayon, et les mains bien sûr...C'est un peu frustrant mais cela fait partie du voyage et même si la situation est assez cocasse, il n'en reste pas moins d'émotion et de tendre souvenir.
La vallée d'Ihlara nous offre l'occasion de pratiquer enfin une belle randonnée. Un sentier au bord d'une rivière au fond d'un canyon ombragé, parsemé d'habitations troglodytiques et de nombreuses églises byzantines. Les fresques sont malheureusement dégradées par des personnes peu scrupuleuses, ce qui induit aussi qu'il ne restera plus grand chose dans quelques années ; à moins que comme dans le village de Sahifendi, des universitaires italiens aient réunis des fonds en vue de restaurer cet art médiéval .
En visitant les restes de l'église Saint Georges, nous surprenons un groupe de Géorgiens venu avec un pope (prêtre orthodoxe) en pélerinage , célébrant une messe dans les règles de l'art.
Et nous entrons en Cappadoce, région qui frappe les regards par sa géologie : terre volcanique hérissée par des cheminées de fées.










Du 29 au 5 octobre
Parc national de Gorëme : Nous avions déjà vécu ce type de relief au Nord argentin, mais ce qui fait sa particularité est le nombre de cheminées de fées, créées par l'érosion, concentré sur cette petite surface finalement , également car cette région a été habitée dans les temps plus anciens par des peuples qui creusaient leurs villes souterraines dans ce paysage lunaire.Certains le survolent en montgolfière (si cela vous tente 250 euros/personne et vous êtes jusqu'à 20 dans la nacelle ) . L'avantage de voyager en camping-car c'est que nous pouvons choisir chaque soir notre environnement , à sélectionner les meilleurs clichés en fonction de la lumière, observer des levers et couchers de soleil, de lune aussi dans un cadre de quiétude, très reposant ; pour une fois, nous sommes bluffés car c'est mieux que dans les guides où sont toujours montrées les mêmes vues.
Nous quittons ces reliefs aux airs de "Grand Canyon" sans toutefois quitter les 1200 m d'altitude, puis la région des abricotiers (Malatya) pour aller retrouver des routes au fond des plaines, verdoyantes cette fois, des champs de tabac, la fraicheur du climat automnal au petit matin, ne croisant que des paysans ou nomades venus pour la cueillette, un bonheur de les saluer et recevoir leur sourire en retour.


Dernier endroit touristique que nous ne voulons pas louper : le parc national de Nemrut Dagi : où là encore le cc nous permet d'emprunter des routes peu fréquentées et nous plonge au coeur des villages ruraux , les brulis sont encore de mise ici, tout le monde aux champs la journée et le soir une ambiance de convivialité , rassurante ; nous sommes dans une communauté de kurdes dont la tenue vestimentaire diffère un peu : les femmes agées surtout sont plus habillées de long et coiffées de blanc, les hommes portent un "sarouel", une chemise sous un gilet et un béret ce qui leur confère un air de patriarche ; mais l'accueil toujours aussi chaleureux.
Et pour célébrer notre 20 ème anniversaire de mariage!!!(ouh lalalala!), nous n'avions programmé ni chandelles, ni batifolage,...nous avons vécu pourtant la vie de château durant une journée : accueillis dans le village de Yenikale (Kocahisar), pris en charge par Mehmet (il parle anglais et quelques mots de français) qui nous fait visiter son village, autrefois très étendu (il a dans l'idée de nous en faire faire le tour), ses habitants au nombre de 350 sur 54 maisons à ce jour, il nous mène jusqu'aux vestiges de Eskikale où nous pouvons voir quelques stèles montrant Apollon, Artemis,
Nous empruntons les chemins des mules , au pied de 2 châteaux séparés par un torrent dans un cadre enchanteur : 3 heures de marche, parsemés d'usuels "arrêts- thé", évocation de l'histoire, dégustation des fruits de saison cueillis dans les arbres (petites poires, figues et grenades), nous rentrons à la nuit par un raccourci qui nous oblige à traverser une rivière, Léa sur le dos de Mehmet, bien fatigués mais la soirée n'est pas finie : sa maman nous a préparé le repas : salade tomate-poivrons -oignons , "yaprak sarma" (feuilles de vignes fraîches farcies au riz épicé, yaourt de chèvre, figues, accompagné de pain maison et galettes, arrosé d'eau ou thé au choix ;
Le site que nous verrons ensuite est classé patrimoine mondial et représente des tombeaux d'Antiochos1er (1er siècle avant J.C) cachés sous un monticule en forme de pyramide à plus de 2000 m d'altitude, et les têtes de statues colossales en pierre des divinités de l'époque étalées devant nous.







Nous quittons la nationale sur laquelle ne roulent que des poids lourds surchargés de sacs de coton, pour chercher une place pour passer la nuit , car nous ne voulons pas passer la frontière syrienne si tard ; Harran, indiqué sur la carte comme un lieu à visiter, aura notre préférence un peu par obligation car la nuit tombe : nous arrivons alors dans un bled aux allures de plateau de cinéma pour un remake de Lawrence d'Arabie : toutes les habitations en adobe, une chaleure et poussière étouffantes, des individus habillés de long grouillent par centaines sur la place centrale, un village qui ne ressemble en rien à tout ce que nous avons vu ces mois en Turquie, un guide qui nous fait faire le tour de la citadelle centrale pour nous trouer une place au calme où dormir, un réveil avec les cris des chameaux :" Güle Güle Turkiye, As-Salâm Alâykum" nous sommes aux portes de l'Orient !!

SYRIE le 10 octobre 2009
Nous avions obtenus nos visas à Marseille pour 42 euros par personne ce que nous trouvons assez cher pour seulement traverser le pays finalement ; pourtant il nous faut encore nous acquitter d'une taxe sur le gasoil qui équivaut à 150 euros par semaine!!! (bon, en compensation, le litre de gasoil à la pompe est de 0,40 euro). A bien réfléchir, nous prendrons donc 2 semaines car même si le pays nous paraît petit, des voyageurs nous ont vanté l'hospitalité du pays et le prix est moindre si l'on prend 2 semaines en une seule fois, par ailleurs, nous ne devons être en Jordanie que le 2 décembre où vient nous retrouver notre amie fidèle et téméraire Kako.
La Syrie avec ses 19 millions d'habitants est surtout peuplée côte ouest, en majorité de confession musulmane mais ce qui va surtout nous changer côté pratique est le langage arabe, des sons inconnus à nos palais, une logique bien loin de celle de nos langues latines (nous avons beau mettre de la bonne volonté, ce n'est jamais la bonne prononciation), une calligraphie ....................mais alors les chiffres!!!, même si tu les vois sur les écriteaux, impossibles de les décrypter.
La Syrie est un pays agricole, qui dispose d’immenses étendues de terres arables, de prairies et de pâturages ; toutefois, des régions entières ne sont pas cultivées par manque d’eau.
L’Euphrate est le plus long fleuve de Syrie (il traverse le pays d’ouest en est, dans sa partie nord) et est sujet de conflit turco-syrien encore d'actualité.Les principales cultures sont le blé, les légumes et fruits, le tabac et le coton. L’élevage est développé, surtout ovins. L’extraction du pétrole et l’exploitation du gaz naturel apportent des revenus importants.
La vallée de l'Euphrate
Après avoir traversé des kilomètres de champs de coton et de troupeaux de moutons, première ville syrienne assez folklo, nous devons trouver une banque pour faire du change ce n'est pas aisé, des rues très animées beaucoup de poussière et de plastic partout, une rue pour l'alimentaire, une rue pour les épiceries, une pour la mécanique, une pour les habits, une pour les chaussures, une pour les coiffeurs, une pour les pharmacies, etc, etc...une fois pigé l'organisation il est très facile de se repérer!!
Le site de Zenobia (Zalabyie) : reine de Palmyre (257 à 273 avant J.C) qui a fondé là son empire, une forte personnalité qui résista aux troupes romaines pour sauver son royaume ; les ruines restantes, en plein milieu du désert, nous donne un bon aperçu de ce qu'ils étaient capables de fonder dès cette époque ; mais ce n'est rien à côté de la capitale, Palmyra qui fut une halte nécessaire sur la Route de la soie : échanges commerciaux, lieu de concentration de chameliers et éleveurs de chevaux, cité des courtiers où les transactions seront source d'enrichissement et de luxe ; C'est donc Zénobie qui prend le destin de cette cité en mains, mais Aurélien, nouvel empereur de Rome entre en scène pour assiéger la ville et s'en emparer. . Les mille colonnes de calcaire longeant les allées majestueuses, des temples parfaits, des tombeaux, et le château surplombant cet oasis de grenadiers, oliviers et dattiers, où jaillissaient des eaux sulfureuses et chaudes.De hautes tours carrées qui captent les nuances d'une lumière irréelle à toute heure, au lever, au coucher au clair de lune, et le camping-car campé au milieu de tout cela, en plus, nous arrivons par tempête de sable, ce qui rend le lieu encore plus pittoresque.
Encore une bonne centaine de kilomètres au travers d'une steppe impressionnante, peuplée uniquement de bédouins : arabes nomades du désert, de moins en moins nombreux mais encore quelques 300 000 en Syrie, qui ont juste remplacés leurs chameaux par des camions ou 4x4, mais vivent encore sous ces belles grandes tentes ornées de tapis multicolores ; un grand nombre s'est sédentarisé mais ils se différencient facilement par leur tente plantée à côté d'une maison en dur pour rappeler l'origine de la famille.




Damas du 17 au 20 octobre :unecapitale qui manque cruellement d'urbanisme,avec 3 millions de Damascènes, mais nous réconcilie avec la Syrie. Direction le centre , avec un peu d'appréhension car nous en savons un rayon sur leur façon de conduire, l'efficacité des panneaux indicateurs quand il y en a , et le peu de parking qui pourrait accueillir nos 7m de roulotte.Et après 3 tours de quartier nous avons largement éveillé les soupçons des agents de circulation (un à chaque coin de rue, aussi efficace qu'un feu clignotant), il est temps de nous poser : une place se libère derrière le musée au calme et assez près du centre pour faciliter nos déplacements et pouvoir profiter 4 jours durant .
La vieille cité, au coeur de la ville est pleine de surprises pour les fouineurs comme nous ; elle est parcourue par un réseau labyrinthique de ruelles serrées bordées de vieilles maisons et de souqs populeux où l'on se perd des heures durant ; chacun a sa spécialité : un pour les robes, un pour les coiffes, un pour les tissus, les chaussures, les patisseries, confiseries, épices, or, .....etc........).Les filles heureuses de manger de vrais kebabs et déguster les fameuses glaces de chez Bakdach et encore des baklavas.
A l'intérieur trône la Mosquée des Omeyyades l'un des plus prestigieux monument du monde islamique : construite entre 705 et 715 sur l'emplacement du temple de Jupiter, on peut voir au centre de la salle de prière le mausolée du prophète Yahya qui n'est autre que Saint Jean Baptiste ; le calife Al Walid qui en est le maitre d'oeuvre, riche de par ses conquêtes a parfaitement réussi son oeuvre : unique en son genre autant par son architecture que son ornement (qui servira de modèle pour les futures mosquées) avec des murs décorés de superbes mosaïques byzantines d'une grande finesse avec ses 29 couleurs différentes, pas moins de 3 minarets qui furent les premiers, vraiment un somptueux monument.
Le Musée national, entouré d'un jardin frais et boisé avec quelques stèles et statues ci et là, est un passage obligé ; il est riche de reliques découvertes sur les différents sites que nous avons visité, collections d'antiquités orientales et gréco-romaines, de mosaïques représentant des scènes de mythologie et surtout le fameux premier alphabet d'Ougarit qui date du XIVème siècle avant J.C comprenant alors 30 caractères cunéiformes ;
Il faut plus d'une semaine pour profiter de cette ville mais nous ne sommes pas spécialement bien garés et au niveau vidange ce n'est pas vraiment pratique alors 4 jours pour nous, bonne récré!
Nous nous dirigeons sur la Méditerrannée en passant par le Crac des Chevaliers où nous aurions pû voir une immense forteresse au sommet d'une montagne de 750 m qui ressemble à nos châteaux forts ; il contrôlait toute la vallée d'Homs et représentait l'art militaire des Croisés, pouvant accueillir 3000 personnes (entre autre a été aux mains de moines soldats de l'Ordre des Hospitaliers, pris par les Mamelouks vers 1271 après J.C).Arrivés un peu tard sur le site, nous pensions passer une bonne nuit et le visiter le lendemain, mais cette place trop belle sur un parking pour nous tout seul se transforma vite en cauchemar : d'abord un énergumène belliqueux s'en prenant au CC(un coup de pied dans l'habitacle, rien de méchant en somme), puis une bonne partie de la nuit, défilé de mobylettes frôlant le véhicule, ce qui nous obligea à veiller et nous fit déguerpir au petit matin. Et quand la journée commence ainsi...la côte Méditerranée où nous espérions pouvoir nous poser un peu est très décevante : port maritime pétrolier gigantesque, le peu de points d'accès possible à la mer est une poubelle, alors nous ne monterons pas jusqu'à Alep, il y a une route qui mène directe à Damas (comme c'est un grand axe, cela ressemble plus à une autoroute très très fréquentée, déchetterie de chaque côté, des camions et cars dans les 2 sens et en plus, nous serons obligés de dormir dans une station essence (la première depuis fort longtemps) car la nuit est tombée alors niveau bruit nous sommes servis...il y a des jours comme ça.

















22 octobre :
Le passage à la frontière est assez décontracté : 2 ou 3 cafés à la cardamone bien bouillis et servis de l'authentique cafetière en laiton, un coup de thermomètre dans l'oreille (virus H1N1 oblige!!!...).
La JORDANIE : Témoin des premiers villages de l'Histoire de l'Humanité, les civilisations s'y sont succédées ( Nabatéens, grecs, romains et byzantins) et ont laissé de sacrées empreintes dans la pierre, comme en recèlent quelques trésors à visiter.Nous avons un peu de temps avant d'aller accueillir notre amie Carole à Amman, alors nous profitons des 4 coins du pays assez petit finalement (90 000 km2) et peu peuplé ( 6 millions d'habitants) .
Au Nord/ouest : Umm Qais (aussi appelé Gadara dans la Bible) a bien plu aux byzantins puis Ottomans, ce que l'on comprend, vu la position stratégique sur laquelle ils ont construit ce chateau : vue imprenable sur le plateau du Golan et le lac de Tiberiade au loin.Le plateau est ici bien cultivé, d'oliviers surtout avec juste en contre-bas, la vallée du Jourdain : immense oasis constitué de bananeraies, palmiers et vergers d'agrumes : lieu mythique mais un peu décevant car le célèbre fleuve où Jésus fut baptisé n'est plus en fait qu'un ruisseau, pollué de surcroît ; il constitue tout de même encore un enjeu géopolitique entre Israël, la Palestine, la Cisjordanie et la Jordanie. Les contrôles militaires rapprochés gâchent un peu notre plaisir et au lieu de nous rassurer nous excède.
Un peu plus au sud, un autre site de la même époque (Pella) pourrait nous offrir un lieu de bivouac, sans les "Action Man"(il ne nous font aucun mal mais leur curiosité est un peu déplacée parfois...) ; cependant, les villages alentours nous inspirent moyennement, les enfants au bord de la route nous crient d'abord "welcome!!" avant de nous jeter des cailloux ou nous font des signes de mains peu engageants! Alors nous pousserons l'étape jusqu'à Ajlun où il existe un château fort en rénovation, sur 3 niveaux du 12ème siècle construit sous Salahdin, encore une occasion de réviser l'histoire avec Léa surtout, qui étudie cela en ce moment.



La Jordanie est l'un des pays qui manque le plus d'eau et lorsque nous demandons, les jordaniens font tout leur possible pour nous en procurer bien qu'eux-mêmes n' ont pas accès à l'eau courante et se font livrer dans des citernes ; nous avons eu une fois recours à la police (ils lavaient leur guérite à grande eau) au décours de notre circuit dans les châteaux du désert, disséminés sur la vaste étendue du désert oriental.
Azraq, au croisement des routes menant à l'Irak, Arabie Saoudite et Syrie, est un oasis en voie de disparition à cause du tarissement des sources souterraines avec comme responsable le pompage par les grandes villes ; ceci entraîne l'appauvrissement de la flore et la faune. D'ailleurs, la réserve d'Azraq a brûlé cette année et la réserve de Shawmari où nous devions voir des espèces en voie d'extinction (oryx) est fermée; rien d'étonnant compte-tenu de la base militaire aérienne à côté!...
Al Amra : petit château classé car bien conservé, construit vers l'an 710 du temps de Calife Walid 1er où les fresques encore visibles témoigent de la vie des seigneurs que menaient les califes.
Dans la foulée et pour prolonger notre escapade dans le désert : Al Kharanah : citadelle omeyyade qui serait un des premiers forts de l'ère islamique ; en fait de dépaysement, nous avons surtout conversé avec... des touristes français qui ont défilé toute la journée par dizaines (j'ai même rencontré une dame d' Annecy dont j'avais soigné sa maman à la Mapad!!) : à cette occasion nous apprenons que 80% des touristes jordaniens sont des français.Et le soir, après la fermeture du site, Khalil, bédouin qui surveille le site et vend des souvenirs sous la tente typique, nous invite à boire le thé dans la tradition c'est-à-dire au sol sur ces grands coussins recouverts de tissus épais colorés. Au cours de la conversation (en anglais) Eric parle d'électricité et justement... son réfrigérateur fonctionne mal. Eric, trop content de sortir ses outils lui fait une installation royale et subitement c'est "Versailles" sous la tente bédouine, dénuée d'éclairage auparavant ; les filles sont couvertes de cadeaux et nous sommes invités pour aller dîner dans sa famille quand nous aurons récupéré notre amie à l'aéroport.



Semaine du 26 octobre au 2 novembre : AMMAN, la capitale : encore un village bédouin au début du XXème, c'est devenu un patchwork urbain qui s'étend sur 15 km d'est en ouest, de larges avenues bordées de palmiers et boutiques modernes. Pour flaner, il n'y a que la "ville basse" qui renferme bazars en tout genre mais aussi citadelle, théâtre romain et mosquées, mosquées, mosquées...
Il nous reste une semaine avant l'arrivée de Carole alors nous prospectons pour trouver des places de choix pour recevoir notre amie :
Jerash : une ville antique au bord d'une ville moderne ; création attribuée aux grecs sous le règne d'Alexandre le Grand (333 avant J.C) mais ce sont surtout conquérants romains qui développent la cité dont les vestiges nous montrent l'ampleur de cette ville appelée Gerasa qui comptait 15 à 20 000 habitants.Le remarquable état de conservation du site s'explique par l'intérêt archéologique et historique qui fut très tôt perçu. Nous y rencontrons des étudiants archéologues français. L'arc d'Hadrien, l'hippodrome, l'avenue à colonnes, les 7 églises, des entrées de temples gigantesques, tout y est : c'est le 2ème site (après Petra) du pays le plus visité et paradoxalement le moins équipé en infrastructures pour le visiteur, de fait la ville autour a comme un air d'anachronisme, peu de touristes s'y aventurent, une rue de petites boutiques et vendeurs au camion, des femmes très voilées et nous au milieu du brouhaha à chercher une laverie (nous trouverons un pressing)...
Le mauvais temps qui s'annonce nous fait descendre un peu plus au sud,
Madaba : ville la plus chrétienne en Jordanie, point de départ d'excursions alentours, c'est l'occasion de ralliement de nombres de touristes ; pourtant peu d'équipements hôteliers pour les routards et encore moins pour les roulards que nous sommes :
- le parking du "visitor center" n'accepte pas les camping-car pour la nuit et
- le parking de l'église orthodoxe grecque de Saint Georges (la star pour la plupart des visiteurs en raison de la carte de Palestine en mosaïque qu'elle renferme ) demande 10 euros ;
- les rues étroites et très animées le soir ne sont pas de tout repos, d'autant que le 2ème soir nous nous faisons "caillasser" par des gamins ;
Umm Al Rasas est un site qui renferme des vestiges d' églises datant de 780 environ, dont l'église Saint-Stéphane où nous pouvons découvrir une mosaïque très bien conservée et représentative de cet art de l'époque, scènes de chasse, pêche...
Nous poussons la route jusqu'à Mukawir (Macheronte pour les initiés en matière biblique où Salomé dansa pour obtenir la tête de Jean-Baptiste......) et sur le chemin découvrons l'atelier des tisserandes de la coopérative des Bani Hamida , association qui a pour objectif de fournir des emplois aux femmes bédouines qui confectionnent des tapis de laine épaisse dans les teintes rouges et noires au départ mais il existe toutes sortes de jolies couleurs depuis, qu'arborent tous les magasins de souvenirs du pays (attention aux copies) et qui sont hors de prix car prisés par la "jetset" jordanienne.



2 novembre : nous réceptionnons notre amie annécienne sous la pluie et partirons bien vite sur la Mer Morte pour trouver chaleur et soleil.
La mer Morte : se trouve a une altitude de..moins 408 m !!, le point le plus bas du globe.Il s'agit plus précisément d'un lac alimenté en eau mais dépourvu de déversoir car c'était le Jourdain qui l'alimentait ; Vieille de 3 millions d'années, elle voit sa superficie réduire de 50 cm/an à cause de l'évaporation rapide et l' exploitation industrielle de la potasse contigüe, qui est une des ressources les plus précieuses du royaume. Il est question de pomper l'eau depuis la mer Rouge pour endiguer la disparition de la Mer Morte et dans le même coup produire de l'électricité et une usine de désalement mais ce projet pharaonique de "canal de la paix" (10 millions d'euros) mérite réflexion...Son extrême salinité (31% soit 9 fois celle de l'océan) y exclut toute vie animale et végétale mais est riche en Calcium et Magnésium, ce qui lui confère une flottabilité extrême. Les seuls êtres vivants que nous pouvons y déceler sont les touristes comme nous qui viennent vivre l'expérience unique d'une baignade un peu particulière dans une eau aux bienfaits dermatologiques mais également dans laquelle nous ne pouvons ni nager, ni plonger et encore moins couler ; mais surtout ne tremper pas la tête et évitez d'être tenté de goûter!! (cela fait le même effet que lorsque enfant nous mettons la langue sur les 2 pôles d'une pile plate...)Pour nous la double difficulté est de pouvoir stationner sur une plage tranquille (en fait c'est une nationale qui borde le littoral, des parkings en hauteur, l'abord pentu et les rochers coupants et glissants) et d'avoir une réserve d'eau suffisante car la douche post-baignade est impérative (cette fois, nous ferons appel aux pompiers) ; nous voulons aussi pouvoir nous mettre en maillot de bain car les jordaniennes en majorité se baignent tout habillé ; nous optons donc pour la station balnéaire publique municipale qui offre accès à la plage avec accès à la piscine et douches d'eau douce pour la modique somme de 12 euros. Carole et Chloé se payent même le luxe d'un bain de boue qui est en fait du bitume avec des propriétés dermatologiques bénéfiques et un effet relaxant. Et là encore ce sont les hommes qui les enduisent et même s'ils ont 4 femmes légitimes autorisées, pas de scrupules à mater les européennes de manière lourdement insistante..!!!Dans un autre registre, nous testerons la baignade en eaux chaudes de Hammamat Afrat dans un établissement aux installations récemment modernisées mais somme toute un peu rudimentaire pour nos standards d'européens. Normalement, les hommes ne se baignent pas avec les femmes mais aujourd'hui nous sommes les seuls étrangers parmi une trentaine d'hommes et garçons alors le gardien va faire une exception. Le sol est d'une hygiène un peu douteuse mais l'eau qui coule de la roche dans un bassin de 2m sur 4 est bouillante (au moins il n'y aura pas de microbes comme dirait Chloé); l'expérience aurait pu être assez rigolote si le plaisir n'avait pas été gaché le lendemain lorsque le gardien nous réclame 20 euros pour avoir dormi sur le parking (il nous l'avait proposé la veille), en plus de lui restituer les billets d'entrée qu'il va revendre à d'autres ! Sa patience n'a pas tenu 10 minutes lorsqu'il a vu que nous ne bougerions pas du véhicule garé en travers du portail ne laissant ainsi personne rentrer. Non mais...!!




Kerak : un des plus célèbres châteaux croisés sur la route des caravanes qui circulaient dans l'Antiquité entre Egypte et Syrie, empruntée plus tard par les grecs et romains.Construit à partir de 1142 par le roi Jerusalem Baudouin 1er, sa position stratégique en fait la capitale de la région d'outre-jourdain. Son musée renferme une reproduction de la fameuse stèle de Mesha (cf.encyclopédie).
Et nous voici au point crucial de ce circuit sur la route du Roi , voie ancienne de 3000 ans qui a vu passer tour à tour les Juifs en route pour la Terre promise, les nabatéens venus de Pétra, les chrétiens en pélerinage vers le Mont Nébo, les croisés ralliant leurs forteresses et les musulmans sur le chemin de la Mecque.
La réserve "naturelle" de Dana étant fermée (peut-être pour collecter les innombrables sacs et bouteilles plastique qui l'envahissent..?..) ,nous gardons nos forces pour les randonnées de PETRA : l'une des 7 nouvelles merveilles du monde depuis 2007 malgré des contestations sur la fiabilité du vote!
Histoire : Après une succession de batailles au cours desquelles Nabatéens durent défendre leur cité avant de la laisser aux mains des Romains, au 3ème siècle, elle devint capitale de Palestine IIIème (pour ceux que cela intéresse!!) ; De la fin du XIème siècle, jusqu'au début du XIXème siècle, Petra tombe dans l'oubli jusqu'à ce que les Bédouins s'y installent ; seuls à connaître son existence alors et redoutant l'effet néfaste d'afflux d'étrangers, ils la gardèrent secrète jusqu'en 1812, date à laquelle un explorateur suisse ,"l'infidèle"converti à l'Islam, pénètre dans la ville déguisé en pélerin et romp le secret. A partir de cette période, elle constituera un grand succès en Europe de l'Ouest et le site attire quantités de visiteurs, voyageurs, poètes et artistes, archéologues et depuis la première équipe anglaise de 1929, les fouilles n'ont jamais cessé. On ne peut pas ne pas évoquer le sort des bédouins B'doul qui vivaient là depuis des générations qui ont été relogés dans les années 80 dans un village voisin, 25 familles qui possèdent toutefois le privilège de pouvoir travailler à l'intérieur du site et que nous avons eu le plaisir de côtoyer, d'autant que c'est le seul endroit dans le pays où nous avons pu conversé avec les femmes librement. Nous prenons un billet 3 jours afin de pouvoir savourer tous les sentiers possibles et effectivement, nous avons foulé un grand nombre de recoins de l'ouverture (6h) jusqu'au coucher du soleil. Les filles ont bien marché.
La cité Antique de Petra se déploie sur un vaste territoire de montagnes et nous pouvons constater qu'elle n'a pas encore livré tous ses secrets, même après 150 de fouilles. Mais cette perle va également être victime de son succès car la détérioration des monuments va obliger les autorités à cadrer les itinéraires de visites et réguler les entrées (stationnés sur le parking des cars, nous voyions chaque jour plus de 200 cars!! sans compter les visiteurs qui viennent par leurs propres moyens!!) ; l'Unesco en demande carrément la fermeture.
Il y a mille et une façon de visiter et il y en a pour tous les goûts : à pieds, en âne, à dos de chameau, à cheval ou en calèche ;
- Il y a bien sûr la plus connue allée du Siq avec ses vertigineuses parois de 200 m qui est en fait un bloc fissuré par les forces tectoniques, et qui débouche sur le plus fameux des monuments appelé "trésor" dont la façade hellenistique est d'une noblesse à coupé le souffle ;
- des bâtisses haut perché aux façades remarquablement sculptées comme le "Monastère" par exemple qui donne une vue époustouflante sur la Wadi Araba, et par lequel nous accédons après avoir gravi les 800 marches taillées dans la pierre (le plus difficile est de les redescendre!),
- le Théâtre, taillé dans la roche, 45 rangées de siège pouvant accueillir 8000 spectateurs,
- la rue des colonnades pavées où retentit sans cesse le claquement des sabots des mules et chevaux
- mais il y a aussi le Haut lieu des sacrifices dont les nabatéens ont constitué une plate-forme et creusé de grandes rigoles pour drainer le sang des animaux sacrificiels,
- les innombrables tombeaux qui pourraient nous faire supposer que Petra était une vaste nécropole : des stucs peints qui subsistent en composaient le décor intérieur et extérieur ;
Au petit matin, coiffés des "keffyehs" de circonstance, nous empruntons les "wadi" (lits de rivière à sec à cette période) pour aller au plus loin des 4 coins cardinaux, nous faufilant dans les parois étroites , épiant les coulisses d'une scène de théâtre, comme pour visionner l'envers du décor, puis au gré des rencontres nous dévions nos trajectoires initiales, stoppons pour accepter de partager un thé en compagnie d'une bédouine qui vend des colliers ou des clémentines offertes par un "Abdallah" qui croise notre route, chahuter avec des petits pieds nus, la morve au nez mais si souriants, serrer des mains chaleureuses ; notre expédition est bercée de "bonjour madame", "welcome", "one dinar" (un euro en réalité pour nous), "ça roule ma poule ?"(la blague du moment). Et ils comprennent vite que nous ne sommes pas une clientèle qui leur convient au sens d'acheteuse, mais nous prenons le temps de nous asseoir à leurs côtés pour observer ensemble ce défilé de visiteurs internationaux trop pressés, les échanges sont enrichissants mais encore furtifs ;













; néanmoins, le quatrième jour, nous avons pû nous lier d' amitié avec un chamelier nommé Tayseer qui nous a suivi 5 jours durant pour finir la découverte de son pays jusqu'au départ de Carole ; il nous a fait découvrir son village bédouin ainsi que le désert du Wadi Araba où il nous a mené une nuit, nous a ramassé du bois pour faire du feu, préparer à manger, le thé, nous a fait rencontrer son cousin éleveur de dromadaires (lait de chamelle au petit-déjeuner) ; et c'est tout naturellement qu'il nous accompagne dans le désert du Wadi Rum : il nous dégote un 4x4 pour louvoyer entre dunes et roches aux différentes colorations selon l'heure de la journée, nous organise un bivouac au milieu de nulle part (pas tout à fait esseulés cette fois car le site est prisé) ; les pistes sur les traces de Lawrence d'Arabie mènent à des formes rocheuses sculptées par le vent : ponts, champignons, c'est un peu "Grand canyon" "Brice Canyon" "Capitole Reef" et "Arches"(parcs nationaux des Etats-Unis) réunis. Lieu envoûtant, il nous aurait fallu un peu plus de temps mais notre amie nous quitte dans quelques jours pour retourner en France et nous voudrions passer au moins 2 jours sur la plage d'Aqaba, au bord de la mer Rouge. Par malchance, le temps se gâte et le vent écourte la baignade. Chloé a quand même pû faire du "snorkeling" et nager près de poisson-clown, poisson-ange empereur, poisson-cocher, poisson-perroquet... comme dans le film Nemo de Dysney.











14 novembre Léa a fêté ses 10 ans autour d'un kebab et de pâtisseries dégoulinantes de sucre (!!...hum) et sur une plage ventée où nous re-rencontrons (la première fois c'était à Jerash) un charmant couple de voyageurs français, Eliane et Yves qui reprennent la route inverse et avec qui nous aurions bien fait un petit bout de chemin ensemble.
La ville d'Aqaba est aussi au carrefour de l'Arabie Saoudite, Israël et Egypte (Sinaï) et génère un potentiel touristique impressionnant. Réputé pour ses fonds marins, certes, mais vu le trafic maritime, la faune et flore en pâtit, cela va de soi.
Il existe 2 façons de se rendre en Egypte avec le véhicule : la plus simple par la route(par Israël) et oblige à prendre un visa au consulat d'Egypte à Aqaba car Taba, le premier poste douanier d'Egypte, n'en délivre pas (jusque là vous suivez...). Mais après discussion entre roulards allemands, suisses et français, un couple allemand s'est vu refusé son visa soudanais car il avait sur son passeport le tampon d'entrée en Egypte par Taba (et alors?...).En effet, la seule route menant à Taba via la Jordanie est obligée de passer par Israël (donc?...); or, pour le Soudan, la Lybie et la Syrie, le passage par Israël exclut l'obtention d'un visa (okkay..!?...).Et même l'astuce de ne pas se faire tamponner le passeport en Israël ne fonctionne plus à ce jour car les soudanais sont bien plus scrupuleux depuis ces derniers temps.
La deuxième solution,la nôtre, beaucoup plus onéreuse, est celle d' emprunter un ferry (320 euros tout compris) pour traverser le golfe d'Aqaba jusqu'à Nuweiba en Sinaï (Egypte).


