Du 12 au 21 juillet
La SLOVENIE est un petit pays qui compte moins de 2 millions d’habitants. Il se situe dans la péninsule des Balkans, entre l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie. Il dispose d’un débouché sur la mer Adriatique. C’est un pays montagneux : il abrite les Alpes slovènes. C’est aussi un pays très boisé dans lequel vivent encore des lynx, des ours et des loups, mais nous n'en verrons pas.
Nous profitons de notre passage pour réviser un peu l'Histoire et renseigner les filles : en 1945, la Slovénie devient l’une des 6 républiques qui constituent la République populaire fédérative de Yougoslavie : c’est un État communiste dirigé par Tito. Après la mort de Tito en 1980, les différentes républiques manifestent leur volonté d’indépendance. Cette tendance s’accentue à partir de 1989 dans le contexte de l’effondrement des régimes communistes en Europe centrale. En 1991, la Slovénie (comme la Croatie) proclame son indépendance, et est rapidement reconnue par la communauté internationale. Cette prospérité économique s’est consolidée : aujourd’hui, la Slovénie est le pays le plus riche parmi les dix nouveaux pays qui adhèrent à l’Union européenne en 2004.
Ce sont en fait les Vicquelin Sandrine et Sébastien (marraine et parrain de Chloé de Cherbourg) qui nous font venir dans ce pays assez mal connu. Ils ont loué pour quelques jours à Ratece, un petit village qui borde la frontière italienne dans la vallée de Tamar dans les Alpes juliennes ; nous y découvrons là (et il y en a dans toutes les parties du pays) des séchoirs à foin assez particuliers ("kozolec") : tout en bois avec un petit toit en tabaillons (tuiles de bois) ; à certains endroits, ils ont la double fonction de garage ou entrepôt. Tout près d'ici , Planica où se trouve un des plus hauts tremplins de saut à ski qui détient le record (239m)du Monde ! Nous effectuons tous ensemble quelques excursions dans le parc national de Triglav (la montagne aux "3 têtes" culmine à 2864m), un vrai paradis pour les randonneurs : climat idéal à cette saison, cascades, monts et névés enneigés dont le col de Vrsic auquel on accède par une route sinueuse de 52 virages! et de superbes panoramas. Tout du clichés suisse : de belles bâtisses et châlets proprets, balcons fleuris, dans un environnement verdoyant, des cimetières impeccablement bien entretenus, les slovènes chaque été à la tombée du jour viennent honorer la mémoire de leurs défunts en déposant des bougies sur les tombes.
Bled : le lac de 3,2 km2, la petite île et l'église au milieu de cet écrin ; un peu plus au sud le lac de Bohinj, glaciaire également avec ses eaux limpides surface de 1,5 km2.Mais le prix des parkings et campings nous refroidit un peu, d'autant que nous voyons la police verbaliser les véhicules stationnés ailleurs que dans les emplacements prévus!Tant pis, nous ne sommes pas loin de la frontière avec la Croatie et cela fait quelques années que l'on entend dire que c'est la nouvelle destination estivale des européens alors allons voir la Mer Adriatique.Juste le temps de potasser les sites internet sur ce pays dont nous ne savons rien, avec un passé aussi tumultueux et nous voici de l'autre côté de la frontière, un simple passage sans contrôle d'identité.
Pas trop le temps d'échanger d'euros en "kunas" car la côte est si bondée !Opatija : une ville réputée de style Côte d'Azur en plein mois de juillet où nous ne circulons pas très bien et lentement sur la corniche, déjà en voiture ... ; nous ne pouvons guère nous stationner car c'est spécifié (c'est la première fois que nous voyons un panneau représentant un camping-car barré de rouge, ils l'ont fait exprès pour nous ce panneau!) Et pour cumuler, nous apprenons qu'il est strictement interdit de bivouaquer même en camping-car dans toute la Croatie sous peine d'amende jusqu'à 800 €. Ni une, ni deux, nous retournons coucher sur la Slovénie, c'est notre route. Soixante pour cent du territoire est recouvert de forêts disent les encyclopédies, le reste est cultivé : maïs, blé et surtout houblon qui est une véritable institution.
La semaine qui suit, nous ne faisons que rouler : d'une part car il n'y a pas d'aire d'accueil pour touristes ; d'autre part car nous avons beaucoup de mal à communiquer, le slovène semble assez froid et les difficultés de langage y sont peut être pour quelque chose : à part " bonjour, au revoir et merci "; Par ailleurs, les villages que nous traversons, car nous n'empruntons que les petites routes, sont semble-t-il désertés, comme dépourvus d'habitants : pas de petits commerces (où c'est habituellement là que nous avons les premiers contacts avec la population), les places de villages vides : pas d'anciens qui commèrent et même si chez eux aussi ce sont les vacances d'été : pas de jeunes qui se réunissent, d'enfants qui jouent dans les rues ou les jardins (d'ailleurs il y a peu d'aire de jeux). Leurs maisons "playmobil" fraîchement repeintes de couleurs pourtant vives, façades aux balcons impeccablement fleuris, des pelouses superbement tondues, des allées de jardinets tirés au cordeau, pas un papier ou plastique dans les ruelles, seule leur disposition et quelques kolkhozes nous évoquent des traces de l'ancien régime communiste..
C'est ainsi que nous arrivons assez rapidement en Hongrie où, bien que la langue ne soit pas plus aisée à lire ni à parler et encore moins comprendre , les hongrois sont un peu plus joviaux, les villages plus accueillants. Mais le paysage est plutôt monotone : champs de maïs à droite, tournesols à gauche ; puis champs de tournesols à droite et maïs à gauche ; les abords de rivière sont strictement possibles par les champs où nous ne nous sentons pas de nous aventurer.
Le 21 juillet, nous entrons en Roumanie avec l'intention d'y passer plus d'un mois, pour avoir le temps de découvrir la région de Maramures et la Transylvanie avant le détroit du Danube.
L'influence latine semble imprégner tous les aspects de la vie quotidienne, notamment à travers les racines latines de la langue, ce qui va nous faciliter bien des abords ! La mauvaise santé de l'économie et l'espoir d'un renouveau lié à l'entrée récente dans l'Union européenne ,se fait sentir et il semble que l'après Ceausescu aspire à accéder à des conditions de vie décentes : et il y a encore bien du travail. Dans beaucoup de villages, l'eau est au puits dans le jardin, les WC au stade des latrines, nous assistons même aux bains dans la rivière, nous faisons un petit retour mémoriel de quelques mois , nous voici revenus en Equateur! Et cela nous plonge un peu plus dans le voyage, car nous reprenons nos réflexes, vite perdus, d' anticiper la recherche des abords d'eau ainsi que d'économiser les réserves sans trop se gacher le quotidien...
La région de Maramures : Enclavée au NordEst de la Roumanie, cette région bucolique constitue une sorte de musée vivant : la vie rurale y semble intacte depuis des siècles : de minuscules villages nichés dans des paysages vallonnés, les maisons s'ornent d'énormes porches en bois sculpté ; les paysans continuent à vivre de la terre et perpétuent les coutumes ancestrales et la culture populaire, beaucoup se déplacent en carriole tirée par des chevaux. Les villageois ne quittent leur habit traditionnel que pour les fêtes, de longues chemises en lin jusqu'aux chevilles sur lesquelles ils enfilent 1 ou 2 tabliers de laine aux rayures rouges et noires ("zadii")en hiver surtout ; les femmes couvrent leur chevelure de foulards aux couleurs plus ou moins vives.
Leur religion est en majorité orthodoxe et leurs églises nombreuses (souvent 2 à 3 par village) sont splendides, mais nous avons une préférence pour celles tout en bois ,dont plusieurs classées au Patrimoine Mondial. Leurs cimetières que nous qualifiions au début de "non entretenus" sont en fait un véritable jardin fleuri naturellement pas de fleurs en pot, les arbustes et massifs y poussent à même les tombes, des couronnes de fleurs en plastique accrochées aux croix, le plus souvent en bois. Cela nous amène au fameux cimetière "joyeux"de Sapanta : l'oeuvre d'une vie du sculpteur et poète Stan Patras qui a eu l'idée originale en 1935 de fabriquer et peindre dans des nuances de bleu dit "bleu de Sapanta" les croix funéraires en bois pour chaque sépulture, en plus d'y inscrire une épitaphe humoristique à la mémoire du défunt , ornées d'un dessin qui illustre souvent les métiers mais aussi les traits de caractère! La tradition est encore aujourd'hui perpétrée par l'apprenti de Patras. Nous n'avons pas pu toutes les déchiffrer mais l'ensemble vaut le détour.
La rencontre de deux auto-stoppeuses (dont une nonne) nous conduit au majestueux Monastère de Barsana qui est entièrement construit en bois (même les chevilles) dont l'église fut construite originairement au milieu du XIVème siècle par les Dragos ; en 1791 : confiscation des biens par l'Etat autrichien, les derniers moines se retirent en Moldavie ; 1805 l'église est démontée ; 1993 : l'Evêque de Maramures sera à l'origine de la reconstruction du monastère. L'endroit inspire calme et spiritualité, nous assistons pour la première fois à une messe orthodoxe chantée.
Par contre, il est des rencontres un peu moins joyeuses que nous aurions espérées plus instructives : les tsiganes avec qui nous avons eu affaire
La région de Transylvanie : Le pays est alors rattaché à la Hongrie jusqu'au IXème siècle et les allemands (appelés saxons) sont alors venus défendre les frontières orientales. Jusque dans les années 1800, les paysans roumains (qui constituent alors 60% de la population) sont soumis au servage ; vers 1900, la transylvanie est annexée à la Hongrie qui lance un large mouvement d'acculturation et essaye de gommer les racines culturelles roumaines ; Après la guerre (1918), les roumains proclament le rattachement de la Transylvanie à la Roumanie, beaucoup de saxons quittent le pays à l'époque communiste et leurs maisons sont allouées aux tsiganes ; aujourd'hui même si les rancoeurs sont atténuées, on sent bien qu'il reste quelques animosités : les noms des hameaux restent en hongrois sur certaines cartes, par exemple...
De belles collines verdoyantes entourent les villages médiévaux et les églises fortifiées saxonnes trônent dans des bourgades qui semblent figées dans un lointain passé : c'est le cas de Biertan qui abrite un joli village autrefois entouré de vignes, ainsi que de Viscri qui mérite une halte de quelques jours, tant le village est tranquille, les habitants simples et authentiques, une basse-cour géante où trône une église que les Saxons arrachèrent à ses bâtisseurs szeklers (en 1185), où nous pouvons déambuler jusqu'en haut des bastions et être transposé comme dans un film d'époque. Après Brasov , qui est entourée d'une citadelle médiévale, ceinte de remparts du XIVème, Sighisoara , ville de naissance du légendaire Vlad Tepes en 1431 , prince de Valachie, excellent guerrier et valeureux défenseur contre les Turcs mais avec des méthodes cruelles (à cause de sévices subits dans son enfance dans une prison ottomane,dit-on ) qui lui valent le nom de Vlad l'empaleur et qui inspira le personnage mythique de Dracula.
Nous quittons la "vie de château" pour s'adonner à la randonnée à la fraîcheur des alpages où les paysans fânent le champ à la main, et se déplacent en carriole à chevaux. Nous nous installons au bord de la rivière dans un hameau, qui est un ancien poste de douane, au nom de Vama Buzaului, et nous faisons la rencontre d'un couple extraordinairement hospitalier qui nous ouvre sa maison et nous fait profiter de sa vie quotidienne le temps de notre séjour. Agapia nous concocte de bons petits plats avec les produits de son jardin, fromage de ses brebis, et Mathias nous véhicule toute la journée dans son village pour nous faire découvrir ce qui lui tient le plus à coeur . Ils ont fuit le régime de Caeucescu en partant vivre en Allemagne, et nous apprenons beaucoup sur la dureté de la vie de l'époque, malgré le fossé de la langue qui nous fait vérifier encore une fois l'habileté avec laquelle nous dialogons , eux ne parlant que roumain et allemand, un peu anglais, et nous français anglais et un peu espagnol , le tout saupoudré d'un assemblage de "langage des signes"...
Ce pays est passionnant, étonnamment étonnant ! Nous passons d'une région à l'autre, sans transition comme si deux diapos se chevauchent avec quelques détails ou personnages de la précédente dans la seconde qui transparaît à condition de bien regarder.
* 1. La construction d'une route a modifié la salinité de certains lacs, ce qui n'est pas sans conséquence sur la faune et la flore, et met en danger la plus grande réserve naturelle d'europe.
*2. le delta a subit de plein fouet le manque de mesure écologique des ex-pays de l'Europe de l'est. Un des problèmes majeurs était le déversement des eaux usées de villes alentours (exemple : Braila rejette à elle seule1500 litres à la seconde) directement dans le Danube sans aucun traitement ni contrôle. Sans parler des autres pays qui jouxte. Depuis 1980 la pollution au phosphate et à l'azote n'a cessé d'augmenter. Le dévelloppement de micro-algues n'a fait qu'accélerer l'euthrophisation des eaux du delta.
*3. la surexploitation des terres (100 000 hectares convertit en terre agricole ) a également empêchée l'oxygénation de l'eau. Terres qui sont souvent maintenant abandonnées.
La population roumaine est pluriéthnique.Les Roms, 3ème minorité ethnique du pays s'élève à 550 000 d'après les statistiques officielles, mais on parle plutôt de 2 à 3 millions, ce qui les classe au rang de la plus importante du monde.Les Roms nomades depuis la chute du communisme, vivent dans une extrême pauvreté (enfin, pas tous car nous avons vu un dess"palais gitans" tout au nord près de la frontière ukrainienne à Negresti- Oas, composé de riches demeures tape-à-l'oeil toutes plus kitsch les unes que les autres, construites par des personnalités fortunées de la communauté).En plus d'avoir été sédentarisés et relégués dans des quartiers , ils sont victimes de racisme.
Nous avons vu un bon nombre de clans itinérants campant sous des tentes en bâche ou en "roulotte" ; ils seraient + de 5000 individus disséminés en 40 clans. ; il est une catégorie qui ne nous a pas laissé une bonne impression dans le Nord du pays et que nous avons fui ensuite, car après avoir accepté quelques fruits que nous leur offrions , ils sont devenus envahissant allant même jusqu'à forcer discrètement les issues du véhicule, à la recherche du moindre objet à grapiller.
1er août
En une demi-journée nous parvenons au Delta du Danube : le Danube est l'un des plus longs fleuves d'Europe. Il prend sa source en Allemagne puis coule vers l'est en traversant notamment l'Autriche, la Hongrie et la Roumanie. Il se jette dans le mer Noire après un parcours de plus de 2 800 km.
"Vingt-troisième delta du monde par sa surface, le delta du Danube est une réserve naturelle sans équivalent qui débouche sur la Mer Noire. Près de 400 lacs dont certains sont entièrement recouverts de nénuphars, des centaines de kilomètres de canaux, des buissons de forêts sombres et d'immenses plaines de joncs se rassemblent pour créer un paysage sauvage, sculpté entre les méandres des 3 bras du Danube. On a recensé dans cet univers lacustre quelque 5 000 espéces d'animaux et de végétaux, mais le ravissement de cet espace tient surtout dans les 300 races d'oiseaux, environ 2500 pélicans, cormorans, cigognes, qui nichent là en permanence, ou y font escale lors de leur longue migration. "
Mais nous ne verrons rien de tout cela car.....
L'épisode Ford
Nous étions sur le point d'organiser une excursion en bateau dans les lagunes du Détroit du Danube, lorsqu'Eric détecte une fuite d'huile sous le moteur : il ouvre le capot : Horreur ! la pompe à vide (neuve de 2 mois) ! Il nous faut trouver un endroit où dormir cette nuit car le garage est fermé, la ville de Tulcea, assez agréable au demeurant mais cela reste une ville et en camping-car rien de facile ; le climat est assez tendu .Le garage Ford le plus proche se trouve à 150 km de là, nous ne prendrons pas le risque de rouler alors que notre assurance couvre ce genre de dommage ( remorquage seulement jusqu'à 150 € apprend-on...).
Et s'ensuivent 2 journées de cauchemar :
- Deux heures plus tard, lors de la mise sur le camion de remorquage, le pare-choc arrière est arraché, et le porte-à-faux dépasse du camion...cela commence bien...Avec les fesses serrées car Chloé et moi prenons place à l'avant du CC sur la remorque!! pour une fois j'ai le volant!!! et après 2 heures de remorquage chez Mercedes (c'est le seul à distribuer Ford ici ) on nous installe en toute confiance pour la nuit, sur un parking-poubelle plus ou moins surveillé, où défilent les péripathéticiennes et leurs clients une bonne partie de la nuit ;
- une journée à attendre que le garage diagnostique que c'est bien la pompe à vide qui est H.S. et accepte de prendre en garantie la réparation ; pour à 17 h s'entendre dire "non, pas possible" ; et en plus, ils doivent commander la pièce
- une journée à appeler les services français concernés (Ford Assistance, Ford à Caen qui a effectué le remplacement de la pièce en avril), le temps de trouver la bonne personne qui me donne la réponse suivante : effectivement à l'étranger, Europe ou pas, tout est plus difficile, il faut que je fasse réparer à mes frais et ramène en France la pièce pour expertise, à partir de là, ils décideront s'ils remboursent, ou pas..... on a comme qui dirait déjà entendu cette version mensongère chez Ford...
Et maintenant il nous faut trouver une chambre d'hotel car pas deux nuits comme la précédente...nous avons un peu plus de chance avec notre assurance Axa qui prend en charge taxi et hôtel... pour 2 nuits seulement...nous croisons les doigts pour que ce soit largement suffisant !Juste à temps, nous récupérons notre véhicule avec tout de même appréhension pour la suite et hargne contre Ford et tous ces incompétents qui entravent la bonne marche du système !
Constanta : Principale destination de Roumanie pour les activités de bord de mer, 2ème plus grande ville et 3ème port . En fait, l'hotel choisi par notre assurance, est climatisé et près de la plage, c'est un moindre mal.
Nous n'avons donc plus le coeur à dépenser 300€ pour une excursion sur les canaux du Delta, nous optons pour les plages : échangeons moustiques et chaleur humide contre le vent et .... foule de "cul-nus".
Costinesti : LA station balnéaire où il faut se montrer, les plus de 30 ans tout juste tolérés, c'est plage et bronzette la journée, ballades en quads et discothèque la nuit.
Le reste du littoral roumain est envahi de touristes plutôt aisés qui ne viennent que pour la baignade, les tentes se chevauchent à même les plages de sable, malheureusement entre poubelles et déchets en tous genres.
La dernière ville avant la frontière bulgare ,Vama Veche, nous fait penser à un autre village d'anciens hippies (Zypolite pour ceux qui connaissent) du Mexique où se cotoient des populations de tous âges et toutes conditions, toutes formes d'habitations allant du simple sac de couchage à même la plage jusqu'au camping-car de touriste européen,... ambiance " bon enfant ".
Nous y croiserons aussi une famille de lorains en vacances avec qui nous avons passé une journée à discuter de nos aventures, un oeil sur les enfants qui se baignent. Cela nous fait toujours plaisir de rencontrer des gens sympathiques, qui parlent notre langue en plus, et depuis la Slovénie, nous rencontrons peu de voyageurs sur les routes, la Roumanie étant pourtant une destination que nous conseillerions, la Bulgarie peut-être mais nous n'en avons pas assez vu pour donner un avis objectif.
12 août
La Bulgarie. Le pays est bordé à l'est par la Mer Noire, au sud par la Turquie et la Grèce, à l'ouest par la Serbie et l'ancienne République Yougoslave de Macédoine. Les Monts balkans traversent tout le pays pour atteindre les plages dorées de la Mer Noire.Nous ne verrons pas le principal, c'est pourtant ce qui nous intéresserait davantage, les sites archéologiques, car nous ne rentrerons pas dans les terres, notre objectif étant de profiter des plages pour les derniers jours de vacances des filles, et il y a une route qui longe la mer et va direct en Turquie, notre prochain pays. La Bulgarie est entrée dans la communauté européenne en 2007 et la langue officielle est le bulgare mais l'alphabet cyrillique est en usage ; et là nous prenons une petite avance pour les pays futurs où nous nous dirigeons un peu à l'aveuglette car les affiches illisibles, rien n'est identique sur les panneaux et sur les cartes routières. Les routes sont un peu dans le même état que celles de Roumanie, mais ce n'est encore pas celles de l'Argentine...
Toute cette côte, peu accessible en camping-car de plus de 7 mètres, est en plus bordée de complexes touristiques dotés d'un certain nombre d'étoiles (avec plage privée cela va de soi) et dont on se demande qui les construit, qui autorise ce développement si anarchique (les mêmes sûrement!!), qui les habite et encore plus qui les achète ou loue...? En tous cas, le nombre est faramineux (il paraît qu'il y a la crise ?) et dénature le littoral.
Après 400 km de côte nous trouvons à nous poser quelques jours, écrire le site, avant de passer la frontière, Chloé va imprimer les cours qu'elle a pû télécharger sur le site du CNED, Léa fait un dernier rangement de placard pour réceptionner les manuels scolaires que notre amie Momone va nous ramener en Turquie dans quelques semaines. Entre-deux, baignade, bronzette, pêche, observation de dauphins, étude des cartes et guides, recommandations pratiques et un petit lexique avant d'entrer dans le pays qui suit : la Turquie...Petite précision pour les enfants qui nous suivent : la Mer Noire n'est pas noire (à ne pas confondre avec marée noire) même si elle est assez polluée par des plastiques qui flottent à la surface, et les plages sont de sable bien blanc !
*Ces dernières semaines nous vivrons :
* l'inauguration de mon tout dernier système pour la lessive à la main car nous ne trouvons pas de laverie automatique (un bidon utilisé dans les canoës pour garder les vêtements secs),
* le manque d'eau pour les réservoirs (les stations service n'en sont pas toujours pourvues et j'ai du mal à me réhabituer à la vaisselle à la cuvette avec un minimum minimal)
* la panne de gaz propane = pas d'eau chaude pour que Chloé se lave, pas d'eau chaude pour le café de Pat, et plus de frigidaire pour les bières fraîches d'Eric (car celui-ci fonctionne sur gaz lorsqu'on ne roule pas...)
* une gestion des déchets ménagers catastrophique par manquement volontaire des gouvernements, ce qui induit un "j'en-foutisme" de la population et qui nous désole pour un pays qui se dit moderne
Ainsi dépassés les principaux obstacles inhérents à toutes les catégories d' aventuriers, nous sommes parés à appréhender dans les meilleures conditions psychologiques les pays du Moyen Orient.